Le "Voyage à Nantes" fête cet été sa dixième édition. Sculptures, installations, performances plastiques pour transformer la ville et le quotidien.

Une des œuvres présentées cette année au "Voyage à Nantes" : "Le Naufrage de Neptune", de l'artiste français Ugo Schiavi
Une des œuvres présentées cette année au "Voyage à Nantes" : "Le Naufrage de Neptune", de l'artiste français Ugo Schiavi © AFP / Sebastien SALOM-GOMIS

Chaque année, depuis dix ans, Nantes, la ville de Jules Verne et berceau du surréalisme, s'invente une fiction et réenchante son imaginaire avec des œuvres d'art contemporain. Pour vivre ce voyage à Nantes, il faut croire ce que disait André Breton dans "Nadja" : 

Nantes est, peut-être avec Paris, la seule ville de France où j'ai l'impression que peut m'arriver quelque chose qui en vaut la peine 

C'est ce que propose "Voyage à Nantes",  et pour ça, déposez un peu de votre rationalité et suivez la ligne verte entre rues, jardins, musées et lieux plus secrets. 

Derrière le Voyage à Nantes : Jean Blaise

Jean Blaise est l'alchimiste de cette transformation de l'imaginaire de la ville, un activiste de l'art pour tous dans l'espace public : "Il y a un parcours dans la ville qui fait 22 km. Il passe par tous les musées, et ils sont nombreux : le musée d'art, le musée d'histoire naturelle, l'exposition du Lieu Unique... mais aussi des œuvres dans l'espace public qui viennent le révéler. Des monuments, des perspectives, des rues... C'est une manière de montrer la ville à travers le regard des artistes. 

Les artistes viennent créer des secousses, des décalages, des perturbations bienheureuses et réjouissantes

Et cette année la perturbation est monumentale !

"Le Naufrage de Neptune" d'Ugo Schiavi

Sur la place Royale, un cargo tout rouillé est venu s'échouer et s'encastrer dans la fontaine. On croit halluciner devant ce Neptune naufragé ! 

On retrouve Ugo Schiavi , le jeune plasticien qui nous offre ce délire dystopique : "Neptune est un cargo gigantesque échoué sur la place, dans la fontaine de la place royale directement. Il fait 17 mètres de long, et plus de 7 mètres de haut (sans compter le mât). Je suis parti de l'histoire de la fontaine elle-même : c'est une allégorie de la vocation fluviale et maritime de la ville et il m'est apparu qu'il fallait travailler avec ce type de navires de transport sur lesquels repose notre économie. Ici c'est une épave, un naufrage : là aussi une allégorie - de notre civilisation, je dirais". 

"Expressions décoloniales" de Romuald Hazoumè

Direction le Château des Ducs de Bretagne : le musée d'histoire présente une exposition, "Expressions décoloniales", avec  l'artiste contemporain béninois Romuald Hazoumè

Une mobylette surchargée de bouteilles d'essence et des installations très impressionnantes avec des bidons d'essence en plastique très expressives et qui représentent le peuple béninois face au pouvoir politique. 

Romuald Hazoumé artiste rebelle avec ses colliers vaudou qui le protègent, ses œuvres trouvent un écho particulier à Nantes, ville au passé lié à la traite négrière

Le "Voyage à Nantes" c'est jusqu'au 12 septembre.

"Un Castor sur un arbre couché", par Laurent Le Deunff, est également exposé cette année à Nantes
"Un Castor sur un arbre couché", par Laurent Le Deunff, est également exposé cette année à Nantes © AFP / Sebastien SALOM-GOMIS
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