Le Off c’est un grand marché du théâtre. C’est l’occasion pour les programmateurs de sélectionner les spectacles que vous pourrez voir lors des prochaines saisons culturelles. Dans le Off, il y a en a pour tous les goûts. Il y a bien sûr les comédies et les One Man Show mais surtout du théâtre d’auteur, il faut prendre son temps pour dénicher des pépites. Stéphane Capron en propose trois.

La brique
La brique © radio-france / Jérémie Bernaert

On débute notre parcours à Présence Pasteur, qui est le lieu qui regroupe les compagnies du Nord-Pas-de-Calais.

Guy Alloucherie y présente à 13h – « La Brique ». Depuis 97, Guy Alloucherie a installé sa compagnie HDVZ à Loos-en-Gohelle dans le bassin minier et travaille sur la mémoire ouvrière.

Dans « La brique » il raconte avec humour et émotion ses souvenirs . Une pièce très personnelle puisqu’il raconte des souvenirs familiaux. Il passe en revue les photos de sa mère, de ses frères et sœurs et les commente, avec humour, avec bienveillance, marqueur rouge à la main pour colorer les briques sur les clichés en noir et blanc. C’est touchant, drôle, et cela parle à tous les spectateurs.

Et l’on rit avec lui lorsqu’il raconte sa journée à la mer, l’été, en bus avec les œuvres laïques, seule journée de vacances offertes aux enfants des corons. Et l’on pleure avec lui lorsqu’il évoque avec émotion son père mineur sur son lit d’hôpital lorsqu’il lui touche la main avant de mourir.

On reste dans l’évocation des souvenirs personnels avec « Retour à Reims » à 16h. Nous sommes à la Manufacture, l’un des lieux les plus prisés du Off qui s’intéresse aux écritures contemporaines. Laurent Hatat a adapté l’essai autobiographie et sociologique de Didier Eribon. Il raconte son retour à Reims après le décès de son père.

Retour à Reims
Retour à Reims © radio-france / Simon Gosselin

Il retrouve un milieu d’origine qu’il a fuit pendant 30 ans et sa mère qui basculé dans le vote Front National. Laurent Hatat est passé maitre dans les adaptations de textes qui ne sont pas écrits pour le théâtre . Il fait bien ressortir la psychologie des deux personnages.

Sur scène le rôle de Didier Eribon est interprété par Antoine Mathieu et celui de la mère par Sylvie Debrun . Vêtue d’une robe bleue à pois blancs, et d’un petit chandail gris, elle renoue avec ce fils qui lui semble étranger. Il est devenu parisien, intellectuel, homosexuel. Le fils lui explique les raisons du rejet de sa famille. Il avoue son égoïsme. Les blessures secrètes ressortent . Il raconte les humiliations dont il a été victime et la violence d’un père autoritaire.

Enfin au Girasole à 12h15, Jérôme Rouger présente « Inoffensif » . Un spectacle loufoque, hybride, déjanté , inclassable. Il mixe par exemple les paroles du « Désanchanté » de Mylène Farmer avec « Show must go on » de Queen. C'est uune sorte de tribune sociale citoyenne qui parodie notre société et le monde du théâtre qui parfois a aussi bien besoin qu’on l’égratigne…

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