Un polar écrit par le correspondant du journal Le Monde en Corse où l'on retrouve l'enquêteur de Malamorte devenu détective privé.

"Banditi" une enquête de l'inspecteur de Malamorte
"Banditi" une enquête de l'inspecteur de Malamorte © Getty / Stevica Mrdja / EyeEm

Un détective « sans bureau ni diplôme », plutôt à la ramasse. C’est un ancien flic. Il a travaillé d’abord en banlieue parisienne, puis à la police judiciaire de Bastia, la ville où il a grandi. En conflit avec sa hiérarchie, il a été placardisé et a fini par démissionner. Et le voilà détective privé, toujours à Bastia, vivotant sur des affaires miteuses, à pister des fraudeurs à l’assurance au volant d’une vieille bagnole souffreteuse. Bref, une vie bien ratée, noyée dans l’alcool, engloutie dans le souvenir d’un amour perdu, une femme effacée de son histoire cinq ans plus tôt, sans un mot d’explication. 

Antoine Albertini joue ainsi des archétypes du roman noir, le privé alcoolique, inconsolable, et pourtant enquêteur coriace, au flair exceptionnel. Mais il en tire une musique bien à lui. La voix de son narrateur est immédiatement attachante, entre ironie et mélancolie. Son regard est à distance, lucide, écorché, mais jamais cynique. Il ne fait pas de cadeau, mais il est d’abord le roi de l’auto-dérision. 

L’essentiel du livre étant écrit à la première personne, il n’est jamais froid, toujours au plus près des émotions de son anti-héros, à fleur de peau, douloureux et drôle tout à la fois. Les lieux par exemple, les rues, les cafés, les villages, les paysages, ne sont jamais neutres, toujours vus avec les yeux du narrateur, toujours vivants et présents. Et l’enquête qui va le sortir de sa routine va le conduire à sillonner la Corse et même à se rendre en Italie...

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