Cette semaine, je ne connais même pas le nom de celui dont je vais vous parler. Ni son nom, ni son âge, ni sa couleur de cheveux... Pourtant, certains disent que c'est un héros.

Le compte Twitter du Président américain a été suspendu pendant quelques minutes
Le compte Twitter du Président américain a été suspendu pendant quelques minutes © Getty / Drew Angerer

Ce héros des « anti-Trump », c’est donc un salarié de Twitter qui a, la semaine dernière, désactivé le compte du président américain… Pendant onze minutes, Donald Trump n’a rien pu écrire sur le réseau social. 

Imaginez sa tête quand il s’en est aperçu... Twitter, c’est toute sa vie... Il y passe plus de temps qu'avec sa femme Melania et il poste en moyenne douze messages par jour depuis son élection... Le priver de Twitter, c’est un peu comme priver... Christophe Barbier de son écharpe rouge... Ou priver Rafael Nadal de son bras gauche ! Sans son écharpe rouge, il est tout nu, Christophe Barbier... Et sans son bras gauche, Rafael Nadal aurait beaucoup de mal à jouer au tennis.

Bref, sans son compte Twitter, Donald Trump est tout nu, et il ne peut plus jouer à l’homme politique… Il ne peut plus insulter ses adversaires… Ni insulter la presse… Menacer les autres pays... Et c’est pour ça que celui qui a désactivé son compte est d’emblée passé pour un héros planétaire sur les réseaux sociaux, certains estimant même qu’il mériterait le prix Nobel de la Paix… De fait, on a donc eu la paix pendant onze minutes... Et c'est tout de même une histoire extraordinaire... Un intérimaire de Twitter qui, le dernier jour de son contrat, parvient à réduire au silence le dirigeant le plus puissant de la planète... 

Un dernier coup d’éclat avant de quitter l’entreprise... Et, bien sûr, on se demande ce qui a bien pu le motiver... Si ça se trouve, c’était un pari avec des potes, la veille, autour d’une bière… 

-         « Alors, tu vas faire quoi pour ton dernier jour ? Glander toute la journée ? Fumer dans ton bureau ? Ou bien aller montrer tes fesses au patron ?

-         Non, je vais bloquer le Twitter de Donald Trump !

-         T’es pas cap’ !

-         Si, tu vas voir, je suis cap’ ! »

Et puis paf, il l’a fait ! Trop fort, le gars, trop fort... Au moins aussi fort que mon copain Nicolas le jour où il avait planqué la boîte à craies de l'horrible prof de maths qu'on avait en sixième... Du coup, il ne pouvait plus écrire au tableau. Il avait mis un bon quart d'heure avant de retrouver ses craies. 

Fureur, évidemment, du principal intéressé… Là, je reviens sur Trump, et rapidement, il a parlé d'un « employé voyou »… Et ce dernier risque d'ailleurs d’avoir quelques ennuis… Pour s’être introduit dans un système informatique, il pourrait encourir jusqu’à dix ans de prison… Avec, en prime, une grosse amende… Mais, dans le même temps, on s’étonne qu’il soit si facile de prendre le contrôle du compte Twitter du président américain… Aussi facile, apparemment, que de planquer une boîte à craie... Dès lors, pourquoi donc est-il si compliqué de fermer les comptes de ceux qui tiennent des propos racistes, des propos antisémites, diffamatoires, menaçant... ou même faisant l’apologie du terrorisme ?

Reste que si ce salarié de Twitter est donc un voyou d’après Trump, et un fieffé crétin pour ceux qui n'ont vu là qu'un méchant sabotage, d'autres le considèrent quasi comme un demi-Dieu… Un homme qui, tel David abattant le géant Goliath uniquement avec un caillou, a réussi à faire taire le géant Donald uniquement avec le clavier de son ordinateur… Un geste qui, de fait, ne manque pas de panache, et nous montre qu'avec une bonne dose de culot, et un peu d'inconscience aussi... on peut, de temps en temps, clouer le bec aux puissants.

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