C'est un homme de 66 ans, un homme svelte et souriant.

Pour fêter les 25 ans de Starterre, Jean-Louis Brissaud a reversé les bénéfices de son entreprise à ses salariés
Pour fêter les 25 ans de Starterre, Jean-Louis Brissaud a reversé les bénéfices de son entreprise à ses salariés © Maxppp / Philippe Juste

Il a le crâne dégarni, des lunettes grises et des chemises blanches sur le col desquelles on distingue le logo et le nom de son entreprise. L'entreprise, c'est Starterre et lui s'appelle Jean-Louis Brissaud.

Jean-Louis Brissaud est donc le P-DG d'une dynamique entreprise de la région lyonnaise spécialisée dans la vente automobile. Un homme qui, pour fêter les 25 ans de sa boîte, a décidé de faire un cadeau à tous ses salariés : il leur a reversé une part des bénéfices réalisés cette année, soit un montant total d'1 million 600.000 euros.

Ils sont une centaine chez Starterre, et c'est en fonction de l'ancienneté qu'ont été calculées les primes : 500 euros bruts pour les tout derniers embauchés. Et pour les plus anciens : 20.000, 25.000 et jusqu'à 35.000 euros ! 35.000 euros, c'est une somme ! C'est ce que dépense Mariah Carey en un mois pour son maquillage.

On a vu la joie et la surprise des employés

« C'est Noël avant l'heure », ont commenté certains, tandis que d'autres faisaient l'éloge de leur patron : un patron attentif, altruiste, généreux. Mais lui a expliqué que sa démarche n'avait rien d'extraordinaire. Il a dit que c'était normal de remercier ainsi ses collaborateurs. Normal, car si sa société se porte bien, c'est en grande partie grâce à eux ! Normal peut-être, mais tout de même assez rare. Aussi rare qu'un concert réussi de Maria Carey.

D'habitude, quand des P-DG font la Une des journaux, c'est plutôt pour des trucs franchement pas très glorieux. Un dirigeant du CAC 40 qui, malgré de mauvais résultats, multiplie son salaire par deux. Un dirigeant d'une PME qui laisse tomber son entreprise et part avec le matériel. Celui d'une multinationale qui fait semblant de ne pas savoir que ce sont des gosses qui fabriquent ses baskets ou ses téléphones. Des exploiteurs, des profiteurs et des sans-cœur, cela va de soi.

Alors, certains diront que Jean-Louis Brissaud est tout simplement l'exception qui confirme la règle. N'empêche, à lui tout seul, il paraît avoir fait davantage pour l'image des patrons que tous les leaders du Medef ! Aucun mépris, mais le partage en guise de philosophie.

Et puis un bon coup de pub par la même occasion

Depuis une semaine, il reçoit des paquets de CV de gens qui rêveraient de bosser avec lui. Nous, on se dit surtout qu'il faudrait lui confier de plus grandes responsabilités. Pourquoi pas le nommer à la tête du service public de radiodiffusion ? Ou bien ministre du Travail ? Après tout, il a l'air de maîtriser le sujet... Une boîte qui ne cesse d’engranger les bénéfices, des salariés heureux – impliqués, respectés, récompensés financièrement...

Ce n'est pas grand-chose, mais en ces temps troubles et parfois sinistres – les guerres, les attentats, le bordel, Donald Trump... et les chansons de Maria Carey – le P-DG nous montre que tout n'est pas laid...

Geste de bienveillance dans la dureté du monde – la dureté du monde du travail. Et Jean-Louis Brissaud nous permet de ne pas désespérer.

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