Dans « Le Quart d’heure de célébrité », Frédéric Pommier a choisi de dresser le portrait des auditeurs de France Inter. Dans la dernière mesure de Médiamétrie, l'audience de la chaîne a une nouvelle fois progressé. 6 millions 300.000 personnes écoutent France Inter tous les jours.

"Sans vous, ça n'aurait aucun sens.."' : la déclaration d'amour de Frédéric Pommier aux auditeurs de France Inter
"Sans vous, ça n'aurait aucun sens.."' : la déclaration d'amour de Frédéric Pommier aux auditeurs de France Inter © Getty

Ce sont des hommes et des femmes dont, à dire vrai, nous ne savons pas grand-chose. On connait simplement leur âge. Du moins leur moyenne d’âge : 54 ans et demi. De ces personnes, on sait aussi qu’elles sont de plus en plus nombreuses et que seuls 20% d’entre elles vivent en région parisienne… Mais à part cela, on ne sait quasiment rien de leur vie, si ce n’est qu’elles nous écoutent peut-être en ce moment-même et qu’hier, à l’antenne, on a plusieurs fois parlé d’elles...

Toute la journée, on a entendu le même mot à la fin des journaux : "merci".  

Merci, merci, merci... Merci à chacune, à chacun de nos auditeurs… Impossible, évidemment, de les citer tous ; ça prendrait beaucoup trop de temps… Des semaines entières, des mois entiers… A la longue, ça pourrait lasser… Ce serait contre-productif… Perdre des auditeurs pour avoir voulu les remercier… Dire « merci » tout court, c’est plus simple. Plus simple mais très flou, parce qu'on ne sait donc pas réellement qui l’on remercie.

Nous tous, à la radio, on en connaît des auditeurs… On en croise certains lors des réunions de famille, lors de soirées chez des amis… Des amis d’amis… Des amis de la famille… Mais sont-ils représentatifs de tous ceux qui écoutent la chaîne ? 

Cher auditeur, chère auditrice, je ne sais pas qui tu es.

Parfois, tu es commerçante à la retraite et tu passes tes soirées à rédiger des questions pour « Le Jeu des Mille euros ».

Parfois, tu es prof de lettres et tu envoies des mails salés chaque fois que tu entends la moindre faute de français.

Parfois, tu es étudiant et tu rêves, plus tard, d’être un mélange d’Edouard Baer, d’Augustin Trapenard, de Philippe Collin, de Vincent Josse et  Jérôme Garcin.

Parfois, tu es lycéenne, et tu caches sous ton oreiller des photos de Mathieu Vidard et de Fabrice Drouelle.

Parfois, tu écorches les noms… Tu parles de Jean Leblond au lieu de Jean Lebrun, de Sonia Harem au lieu de Sophia Aram, de Marie-Claude Plancher - c'est Marie-Pierre Planchon, de Barbara Doherty – c’est Dorothée Barba…

Parfois, tu m’interroges.

Demorand, il est sympa ? Et Léa Salamé, tu la connais un peu ? Et Nagui, tu le connais ?

Parfois, tu me demandes si j’ai des prix avantageux à la Matmut, ou sur les vérandas de la marque Akena… 

Parois, tu me demandes qui écrit mes chroniques… 

Ben je sous-traite à des esclaves, j’ai toujours fait comme ça !

Parfois, tu soupires.

Jacques Chancel, qu’est-ce que c’était bien. Et Claude Villers… Et Pierre Desproges ! 

Parfois, tu rigoles dès que tu entends le nom de Charline Vanhoenacker… Ou celui de Daniel Morin… Ou celui de François Morel. 

Morel, tu le connais un peu ?

Parfois, tu estimes qu’on est beaucoup trop à gauche… Des bobos prétentieux, des donneurs de leçons.

Parfois, tu estimes qu’on est beaucoup trop à droite… Des suppôts du libéralisme déconnectés du réel.

Parfois, tu es persuadé qu’on est aux ordres du pouvoir. 

Parfois, tu trouves qu’on est trop dur avec le chef de l’Etat.

Parfois, tu es teigneux, tu nous insultes sur internet en espérant que ça nous blesse. Tu réussis, tu nous blesses… Et, vois-tu, on retient toujours davantage les offenses que les compliments.

Parfois, tu es affectueux… Tu nous écris que tu te douches avec nous, que tu conduis avec nous, que tu déjeunes avec nous, que tu t’endors avec nous… 

Parfois, tu me demandes de venir faire un discours à leur mariage… 

Désolé, le samedi, je travaille. Je ne fais pas non plus les baptêmes, ni les enterrements de vie de jeune-fille…

Parfois, tu es persuadé que nous sommes cousins. Je réfute. Tu insistes. 

Non, Baptiste, je t’assure, nous ne sommes pas cousins…

Parfois, tu me dis que c’est dommage que je ne bosse plus sur France Inter… 

Ben si, j’y suis toujours.

Ah bon ? Mais à quelle heure ?

Eh bien le vendredi, notamment, à 6 heures 55… 

Parfois, tu es touchant… Parfois, tu es touché… Parfois, tu es sévère… Parfois, tu es injuste et parfois, tu t’agaces, tu pestes et menaces d’éteindre à tout jamais… 

Parfois, tu nous pardonnes et tu nous dis que tu n’imagines pas la vie sans nous… 

Nous, sans toi, ça n’aurait pas de sens… 

Cher auditeur, chère auditrice… Qui que tu sois, je t’aime.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.