On parle d’un Israélien qui, pour nous, n’a pas de visage pour nous pas de nom pas de raisons visibles. Il est un archétype, qui rencontre la célébrité une fois tous les 24 ans...

On parle d’un soldat, d’un policier, d’un responsable des services de sécurité de l’Etat d’Israël que son pays envoie protéger des invités prestigieux en vadrouille à Jérusalem, mais qui par une fatalité historique, une fois tous les 24 ans, se fait engueuler en public par le président de la République française.

Et cette semaine, ça a recommencé. Le président Macron, mécontent que des Israéliens aient voulu entrer avant lui avec lui dans l’Eglise Sainte-Anne de Jérusalem, possession française depuis 1856, quand le sultan ottoman Abdulmecid 1er, colonisateur de la Palestine, l’offrit au second empire qui l’avait secondé dans la guerre de Crimée. Possession française, donc sécurité française. 

Ce coup de gueule patrimonial présidentiel avec accent nous en rappelle un autre, en octobre 1996, qui appartient à la légende de Jacques Chirac…

Là, il s’agissait de défendre les journalistes (dont notre ami Pierre Haski) contre les Rambos israélien de la sécurité, Rambos qui avaient aussi  empêché Jacques Chirac d’aller au contact des commerçants palestiniens de la vieille ville.

Et quelques instants plus tard, comme son successeur Macron, le président Chirac s’était remis en colère en voyant des soldats israéliens armés dans notre Sainte-Anne… Il refusa d'entrer.

Nos Présidents sont parfois des chevaliers, mais réfléchissons aux autres, aux inconnus célèbres et vilipendés

Pensons à l’archétype, le flic le soldat d’Israël qui s'est levé ce matin pour se faire avoiner, alors qu’il ne fait que son boulot, son boulot de gros bras comme tous les gros bras de force légitime dans tous les pays du monde...

Mais justement, il n'est pas notre costaud citoyen d'un pays ordinaire et c'est son destin... 

Ce que lui disent nos présidents, deux fois en 24 ans, c’est qu’un soldat flic costaud israélien n’est pas vraiment chez lui dans la vieille ville de Jérusalem qu'il sait être sa capitale, mais dont la réunification n'est pas admise par la communauté internationale… Jérusalem Est n’est israélienne que par la force des armes, quant à l’église Sainte-Anne, elle rappelle que nous sommes français, puissance chrétienne un peu chez elle dans la ville sainte, autant chez elle que lui le costaud, cette vieille histoire pose une limite ce que peut faire un soldat d'Israël... 

Le ressentent-ils les soldats israéliens, les policiers, les hommes des services, savent-ils ce que signifient nos rebuffades ou pensent ils simplement que nous sommes, Français, mal lunés ? 

Emmanuel Macron n’a pas surjoué l’incident de Sainte-Anne dans un voyage centré sur le souvenir de la Shoah... Mais il y a 24 ans, Chirac était plus engagé, feu Yasser Arafat l’appelait docteur Chirac, l'ami des arabes et des palestiniens. Benjamin Netanyahu jeune premier ministre avait présenté ses excuses au Français et plaidé le très grand souci de la sécurité d’un ami. Chirac, message passé, les avait acceptées, mais l’incident crantait une ligne politique.

Des années après, l'officier des services de renseignements israéliens que Jacques Chirac avait secoué, affirma que la provocation avait été française… « On m'avait prévenu qu'il saisirait le premier prétexte pour déclencher un esclandre. Mais, malgré tout, je ne l'ai pas lâché d'une semelle, le moindre incident aurait eu des conséquences dramatiques. », ainsi avait parlé Shlomo Harnoy, patriote un peu raide et peu enclin au doute, c’est un métier…

Je me demande ce qu’en pense son successeur... Mais l’incident Macron a moins bouleversé Israël que l’épisode Chirac… L’opinion israélienne regarde surtout vers Poutine, qui a rencontré la maman de Naomi Issachar, américano israélienne emprisonnée en Russie  pour trafic de drogue, la fera-t-il sortir ? Pour les Israéliens, le quart d'heure de célébrité revient à Naomi, pas à Macron. 

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