Cette semaine, l’homme qui s’est retrouvé à la Une de l’actualité est un jeune footballeur français, qui s’est attiré les foudres d’un paquet de gens depuis deux jours.

Adrien Rabiot en mai 2018 à Caen
Adrien Rabiot en mai 2018 à Caen © Getty / Soccrates Images

Il s’appelle Adrien Rabiot et comme, je l’avoue, je ne suis pas un expert en foot, c’était encore pour moi un parfait inconnu il y a 48 heures. Et pourtant, c’est l’une des vedettes du PSG, où il joue comme milieu de terrain. Il a 23 ans, il est grand, il est mince, il est plutôt beau gosse avec sa prodigieuse tignasse brune ondulée et, depuis que Didier Deschamps lui a proposé de rejoindre les Bleus, il a porté six fois le maillot de l’équipe nationale. Il espérait bien le porter de nouveau lors du prochain Mondial. Mais le sélectionneur en a décidé autrement. Et ça, notre beau gosse, il n’a pas du tout apprécié. 

Non, Adrien Rabiot ne veut pas être coiffeur ! 

Il n’a aucune envie d’être remplaçant. C’est titulaire ou rien ! On l’a su mercredi : il a refusé le poste de réserviste. Depuis : déluge de critiques dans les médias comme sur les réseaux sociaux. Des critiques sur le mode : Adrien Rabiot n’est qu’un prétentieux, un capricieux, une tête à claque, un égoïste, une diva ! Rabiot n’est qu’un sale gamin qui fait passer sa petite personne avant le collectif ! Rabiot a le melon ! Quel exemple pour la jeunesse ! Le talent n’excuse pas tout, non ! Il ne respecte rien. Ni le sélectionneur, ni ses coéquipiers, ni les supporters, ni la France ! Preuve que l’affaire est grave, même Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, s’est fendu d’un petit sermon après le Conseil des ministres : « Quand on a l’honneur d’être appelé à défendre les couleurs de son pays, on répond présent, quel que soit le poste proposé ! »

En deux jours, c’est comme s’il était devenu le type le plus détestable de l’Hexagone

Et là, on s’interroge : Adrien Rabiot mérite-t-il vraiment ça ? Au fond, c’est un gosse  attachant. Il y a son histoire familiale : un père paralysé depuis un AVC, et une mère aux petits soins – c’est elle, son agent. Et puis bon, après tout, c’est normal qu’il se soit vexé. C’est comme lorsqu’au collège, on doit faire des équipes pour jouer au basket ou à la balle aux prisonniers. Les deux capitaines choisissent les joueurs, et quand vous êtes dans les derniers sélectionnés, je vous jure, c’est super vexant ! Humiliant, même ! Donc moi, je comprends qu’il ait refusé ! Ce n’est pas qu’il a le melon, c’est juste qu’il a du cran. Adrien Rabiot, c’est de Gaulle, « l’homme qui a dit non », le de Gaulle du football français ! Bon. Ça, c’est ce que je pensais avant de me renseigner davantage sur le caractère du garçon, parce que là, j’ai découvert qu’il n’en était pas à son premier coup d’éclat. 

Rabiot, au PSG, il n’arrête pas de se plaindre

Il trouve qu’il ne passe pas assez de temps sur le terrain, il n’aime pas son poste et réclame toujours plus d’argent. Aujourd’hui, il émarge à 500.000 euros par mois, qu’il claque notamment dans les grosses bagnoles et les bars à chicha. Du reste, quand il joue chez les Bleus, il ne montre jamais un très grand enthousiasme. Après un match en Bulgarie, cet automne, il avait dit : « C’était dur, parce qu’il faisait froid, et puis j’avais peur de me blesser. » Oh ! Choupinou… En Bulgarie, il faisait froid ! 

En réalité, je crois bien qu’il m’énerve. Il est beau, il est grand, il est mince, il est doué, il est riche mais il est incapable de saisir l’importance des remplaçants, des réservistes, des coiffeurs. Et pourtant, ils sont essentiels ! Chez nous, par exemple, à France Inter, quand Hélène Roussel n’est pas là, c’est Laetitia Gayet qui la remplace. Elle ne dit jamais non. C’est une excellente coiffeuse ! Et pourquoi ne dit-elle jamais non ? Parce que ça lui fait plaisir ! Et c’est peut-être ça qu’a déjà oublié Adrien Rabiot : le plaisir du jeu, mais aussi la fierté, l’honneur de jouer pour son pays. 

Donc non, ce n’est pas le de Gaulle du football français, mais ce n’est pas non plus ni la pire des crapules : c’est juste, parfois, un petit con !   

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