En l'occurrence, cet inconnu n'est pas vraiment un inconnu. Dans le milieu de la grande gastronomie, il était même déjà célèbre.

  20/ 09/2017 GASTRONOMIE - LE CHEF AUX TROIS ETOILES SÉBASTIEN BRAS DEMANDE A SORTIR DU GUIDE MICHELIN IL SOUHAITE AVOIR L ESPRIT LIBRE
20/ 09/2017 GASTRONOMIE - LE CHEF AUX TROIS ETOILES SÉBASTIEN BRAS DEMANDE A SORTIR DU GUIDE MICHELIN IL SOUHAITE AVOIR L ESPRIT LIBRE © Maxppp / José A. Torres/PHOTOPQR/Centre Presse Aveyron/MAXPPP

Mais pour ceux qui ne connaissent rien à l'art culinaire, c'est évidemment différent.C'est mon cas, et j'avoue que je n'avais jusqu'alors jamais entendu parler de ce monsieur-là.

C'est dans le village de Laguiole qu'est installé Sébastien Bras. Il y dirige, depuis dix ans, le restaurant qu'avait fondé son père en 1992. Le restaurant, c'est "Le Suquet", et Laguiole, c'est dans l'Aveyron – c'est là qu'on fabrique les couteaux.

Mais ce n'est pas le couteau qui importe au "Suquet" : l'important, c'est l'assiette et ce qu'il y a dans l'assiette.

  • Vous avez le menu « Aubrac » : 143 euros
  • Le menu « Légumes » : 175 euros
  • Et le menu « Balade » : 227 euros
  • Et faut ajouter le prix du vin

Chez Sébastien Bras, c'est très cher mais tout le monde s'accorde à dire qu'on y mange très bien

Il y a de l'élégance, du croquant, de vrais partis-pris, des plats "signature", des desserts très graphiques… C'est gourmand, innovant, inventif, c'est malin. Vraiment super malin ! Et puis il y a surtout le respect du produit, et c'est grâce à cela que "Le Suquet" peut s'honorer de compter trois étoiles au Michelin. Trois étoiles, y a pas mieux, non, c’est la distinction suprême...

Et pourtant, il y a quelques jours, le chef a fait savoir que ses étoiles, il n'en voulait plus. Ras-la-toque de la pression qu'il vit au quotidien. Ras-la-toque des exigences que lui imposent les critiques. Ras-le-bol des comparaisons. ll ne veut plus que son restaurant figure dans le fameux guide rouge, et c'est comme une leçon de vie que nous donne Sébastien Bras.

Parce que oui, on a tous rêvé de faire un jour comme lui, tous eu envie de dire :

Stop : la vie, ce n'est pas un concours !

Bon, à la rigueur, dans le sport. Et encore : ce serait formidable que Rafael Nadal annonce qu'il veut quitter le classement ATP. Plus envie d'être le premier, juste envie de jouer pour le plaisir...

Ça ne manquerait pas non plus de panache si l'écrivain Patrick Deville disait qu'il aimerait qu'on retire son dernier roman de la liste du prochain Goncourt. Ou bien si Isabelle Huppert expliquait qu'à l'avenir, elle refuserait tous les Molières, tous les Césars, tous les Oscars et tous les prix de beauté !

Et, d'ailleurs, même à France Inter, on pourrait suivre le mouvement

Tous les trois mois, y a les sondages de l’institut Médiamétrie. Qui donc a le plus d'auditeurs, quelle est la radio la meilleure ? A quoi ça rime, ce classement-là puisqu'on sait que c'est nous, les meilleurs ?

Arrêtons la compétition, reprenons notre liberté ! Et pour fêter ça, je m’engage à vous cuisiner la poule au pot de ma grand-mère. Évidemment, ce n'est pas de la grande gastronomie, mais je pense que ça vous fera frétiller les papilles. Et si je vous fais goûter sa mousse au chocolat, je suis sûr que vous aurez des étoiles plein les yeux.

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