Jacques Monin est au micro d'Emmanuelle Daviet, la médiatrice des antennes. Retour sur la réforme des frais de mandats parlementaires et la perquisition chez Mediapart.

Le 12 janvier, vous diffusiez une enquête sur la réforme des frais de mandats des parlementaires, en épinglant au passage une parlementaire qui du coup doit rembourser aujourd’hui une partie des ses frais qu’elle avait indûment perçus. Trois jours plus tard ici même, Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale estimait que la cellule investigation de Radio France contribuait au dénigrement des parlementaires…

Contribuez-vous au dénigrement des parlementaires ?

La première chose qu'on a envie de faire c'est de condamner ce qui s'est passé au domicile breton de Richard Ferrand, et d'affirmer que cette condamnation ne souffre d'aucun bémol. C'est plutôt un message de solidarité qu'on a envie de lui adresser en ce moment. Mon rôle n'est pas de polémiquer avec un homme politique. Mais on a des comptes à rendre quelque soit le moment. Pour faire simple, vous avez d'un côté une réforme des frais de mandat, adoptée il y a un peu plus d'un an, par les parlementaires, et puis de l'autre le Grand débat, qui porte justement sur le bon usage de l'argent public. Il nous a semblé légitime, que nous soumettions cet réforme à un examen critique. En investiguant, on s'est aperçu qu'il y avait des abus avant 2017. Mais malgré la réforme un certain nombre de dérives restent possible à cause de la faiblesse du système. Les parlementaires, pour les députés ont droit à 600 euros non justifiables par mois, les sénateur 900 euros non justifiables par mois. On est dans notre rôle, quand on questionne sur l'utilisation de cet argent là. Il y a une volonté d'examiner les faits qui posent un certain nombre de questions.

Mediapart a fait l’objet d’une tentative de perquisition dans ses locaux et s’y est opposé au nom de la protection de ses sources. Tout comme Mediapart, vous abordez au cours de vos enquêtes des sujets sensibles, 

Est-ce que vous pourriez également faire l’objet d’une perquisition ?

Tout média peut faire l'objet de perquisition. La presse n'est pas au-dessus des lois. Si Mediapart a pu y échapper, c'est parce que il y avait une enquête préliminaire. Dans ce cas, on a besoin de l'accord de la personne qui va être perquisitionnée pour le faire. Mediapart a donc pu refuser. Dans le cadre d'une information judiciaire, personne ne pourrait s'y opposer. En perquisitionnant vous avez une cible et vous allez aussi emmener tout ce qu'il y a dans les locaux. Il y a tous les sujets sur lesquels on travaille, tous les éléments sur les enquêtes en cours.... La protection des sources tombe alors. Sans protection de ces sources, il n'y a pas d'information. Il y a une opposition entre le droit et les dégâts collatéraux pour l'exercice d'une presse libre.

Mediapart a refusé cette perquisition ce qui est possible dans le cadre d’une enquête préliminaire, le média en ligne avance la protection des sources.

Comment vous de votre côté protégez-vous vos sources ?

On les protège en leur garantissant une anonymisation. On vérifie et on anonymise. On travaille avec des outils cryptés. Les sources sont de plus en plus mises en difficulté. Une loi récente sur la violation du secrets des affaires, engendre la fragilisation de nos sources.

Pourquoi des sources vous parlent ?

Il y a deux types de sources : certaines parlent parce qu'elles ont une conscience. D'autres ont moins de conscience mais ont des comptes à régler. Pour les journalistes peu importe. Leur rôle est de vérifier l'information et de voir si elle est d'intérêt public.

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