Ce mois-ci, les critiques des auditeurs ce mois-ci portent principalement sur l'enquête : "Derrière les "gilets jaunes", l’extrême droite en embuscade" et sur l'enquête "Implant Files". Jacques Monin répond aux réactions des auditeurs avec Emmanuelle Daviet.

On commence avec les remarques de Quentin : "En écoutant ce reportage, écrit Quentin, je me demande dans quelle mesure les opinions politiques du journaliste influencent l'angle du reportage. En effet, je ne vois pas en quoi aller sur le terrain à la rencontre des Français et de leurs revendications est taxé de récupération. N'est-ce justement pas le rôle des élus que de prendre en compte les avis des citoyens et de s'appuyer dessus pour mener une politique en adéquation avec l'intérêt général ?"

Le rôle des politiques s'est effectivement d'aller sur le terrain et d'écouter ce que dit la population, mais le rôle du journaliste d'investigation, c'est de voir ce qu'il y a derrière les apparences. Il y a un discours qui consiste à dire que ce mouvement est apolitique. A la base, il l'est. C'est un mouvement qui rejette toute forme de représentation. Mais derrière ça il y a des politiques qui essaient de se positionner pour tirer profit ou pas de ce mouvement, certains le font mieux que d'autres. On l'a constaté, le Rassemblement National était présent sur le terrain, il avait même théorisé la manière dont il devait être présent sur le terrain pour accompagner ce mouvement sans se faire rejeter. (Etre présent, sans afficher ses opinions politiques). Il y a aussi un certain nombre de thématiques que les élus sur le terrain, mettent volontairement de côté. Par exemple, on ne parle pas d'immigration, thématique qui fait partie de la rhétorique du Front National), mais on le fait via d'autres canaux par exemple sur les réseaux sociaux. C'est notre rôle de décrypter la manière dont cela se passe.

Un autre auditeur se montre également critique et ironique : "Voilà une belle pub pour le Rassemblement Nationale !! Je ne comprends pas que vous n'ayez pas encore compris que plus vous matraquez le RN, plus il en sort renforcé, surtout venant de journalistes de France Inter qui soupirent en appuyant sur des reportages à charge... Bref, vous faites l'inverse de ce pourquoi vous pensiez faire ce reportage..."

Dans cette émission, on ne matraque pas, on expose les faits et la pluralité des points de vue.  Notre travail est d'informer pas de nous taire.

Sur le sujet on termine avec la réaction de cet auditeur qui s’interroge : _"Est ce bien honnête d'avoir cité dans votre introduction l'extrême gauche et l'extrême droite" et de ne développer que l'extrême droite ou est ce simplement votre obsession de dézinguer encore Jean-Luc Mélenchon et les gens de son parti ?" "_Sans arrêt on entend "les extrêmes" , comme si Marine LePen et Jean-Luc Mélenchon c’était même combat"

On n'a pas cité l'extrême droite et l'extrême gauche en les mettant sur un pied d'égalité. On a entendu un élu de terrain d'extrême droite qui a senti la montée des Gilets Jaunes. Alors qu'au départ les autres sont passés à côté. Le mouvement des Gilets Jaunes est un mouvement pluriel (cela a été dit dans le reportage). On enquête sur tout le monde, on n'a pas d'obsession particulière.

Nous avons reçu le témoignage d’une auditrice porteuse d'une prothèse texturée plusieurs fois changée depuis une reconstruction mammaire après une mammectomie pour soigner un cancer découvert à l'age de 35 ans. Voici ce qu’elle nous écrit : « Je suis en colère d'entendre sur France inter un témoignage certainement poignant mais tout particulier. Le problème des prothèses texturée dont on parle en ce moment n'a pas  à voir avec le risque d'une prothèse qui se rompt et qui diffuse du silicone dans le corps. Ce sont des problèmes différents. Avez vous conscience de la bombe que vous lancée pour les 500 000 porteuses d'implants mammaires ? Allez vous leur proposer après vous avoir entendu de se rendre immédiatement chez leur chirurgien pour se faire retirer leur prothèse ? L'information que vous avez diffusée à l'antenne est partielle et inutilement anxiogène »

La question de la rupture de la prothèse, est-elle la cause du lymphome, non.  Le lymphome de cette auditrice est dû à un choc qui a provoqué la rupture de sa prothèse, le silicone s'est répandu dans son corps ce qui a provoqué le cancer qui touche 59 personnes en France. Mais il y a une forte suspicion que ce soit dû à la texture de la prothèse mammaire. Fallait-il en parler ? cela fait 10 ans que l'on parle de ce lymphome anaplasique. Les autorités sanitaires n'ont pas pris la décision d'interdire ces implants pendant 10 ans, donc il fallait en parler. Il faut absolument se faire surveiller tous les ans.  Qui a tort ? Celui qui révèle ou celui qui n'a pas informé ?

Les invités
  • Jacques MoninDirecteur des enquêtes et de l’investigation de Radio France
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