La médiatrice de Radio France Emmanuelle Daviet fait part des réactions des auditeurs suite à deux enquêtes de la cellule investigation de Radio France : celle sur les machines défectueuses pour le don de plasma en France, et celle sur les assistants parlementaires du Modem.

Haemonetics : l’affaire qui fait planer le doute sur le don de plasma en France

  Une enquête de Sylvain Tronchet (cellule investigation de Radio France), réalisée en collaboration avec Simon Gouin 

Les machines de prélèvement de plasma suspectées de faire courir un risque toxique aux donneurs, ces machines sont suspendues d’utilisation en France depuis un an. 

Les auditeurs ont réagi à cette enquête :

"Je suis donneur depuis l’âge de 18 ans, je suis effondré et profondément choqué. Ce qui est révélé est d’une extrême gravité. J’espère que la  justice passera. Je viens d’écrire à madame la ministre de la Santé en ce sens. Bravo et merci à Sylvain Tronchet et votre équipe pour ce dossier."

Un autre message pour Sylvain Tronchet. Olivier écrit :

"Je voulais vous remercier pour la qualité de vos informations & de ce reportage. Étant donneur régulier de plasma, je souhaite m’engager dans  le combat pour que de tels agissements soient jugés. Je ne sais pas vers qui me tourner, j’espère que nous serons nombreux à refuser ce système. Je ne sais pas si je vais arrêter de donner mon plasma ou non, les malades en ont besoin mais je refuse que soit en prenant des risques."

Ce message me permet de faire la transition avec celui de Loïc qui va encore plus loin. Notre auditeur se demande si en diffusant ce type  d’enquête vous ne risquez pas de faire peur, tout simplement, aux  donneurs. Voici son mail :

"Les médias font beaucoup de mal. Vous faites en sorte qu’il y ait moins de donneurs. Les répercussions sont telles que les gens n’iront plus donner leur sang, déjà qu’il n’y en a pas beaucoup ! Je pense que les choses peuvent s’arranger sans que les journalistes mettent leur tête dedans et fassent peur à tout le monde."

  • La réponse de Jacques Monin

Pour rappel, il s’agit d’une entreprise qui faisait passer des pièces détachées usagées pour des pièces neuves et qui fournissaient des machines qui libéraient dans le plasma des particules. Mais il n’y a pas eu véritablement une vraie enquête sérieuse.

  • La réponse de Sylvain Tronchet :

En l’absence de preuve formelle du risque encouru par les donneurs, on s’est demandé si on était pas trop anxiogène et déséquilibrer un  système fragile basé sur le bénévolat des donneurs. L’enquête a montré qu’il a fallu dix ans pour prendre en compte un problème, que les  autorités sanitaires n’ont pas suivi l’avis des experts désignés par  eux-mêmes et donc ils ont été obligés de retirer les machines par  principe de précaution. Notre enquête a aussi révélé que l’établissement français du sang a eu une gestion légère, des dérives avérées de l’un de ses fournisseurs. C’est inquiétant pour les donneurs mais ce sont des informations d’intérêt général, c’est toujours ce qui guide le fil de nos enquêtes.

Bayrou et Sarnez : ce que révèle l’enquête de police

► Une enquête d’Élodie Guéguen et Sylvain Tronchet, cellule investigation de Radio France

On en vient à votre enquête sur François Bayrou, et Marielle de Sarnez. La police anticorruption a accumulé les indices accréditant un possible détournement d’argent public.

Un auditeur nous écrit :

"Si la justice avait autant de preuves que vous voulez bien nous dire, il est étonnant que personne ait été placé en examen jusqu’à présent, contrairement à Richard Ferrand."

  • La réponse de Jacques Monin :

On n’a jamais dit qu’il existait des preuves. À ce stade on a fait état des éléments de l’enquête d’intérêt général… Cela concerne de l’argent public et d’expliquer pourquoi le soupçon prospère aujourd’hui.

 Pourquoi une différence de traitement entre les deux affaires ?

  • La réponse d'Élodie Guéguen :

L’affaire Ferrand est assez simple sur le papier, on est sur une  affaire présumée de prise illégale d’intérêts, un dossier dans lequel il  y a assez peu de protagonistes, l’affaire du MODEM ce n’est pas  comparable. Les enquêteurs essaient de voir s’il n’y a pas eu un système  d’emplois fictifs au sein d’un parti politique, quelque chose qui s’est généralisé. il y a beaucoup de monde à entendre (des anciens assistants parlementaires, des députés européens, les responsables du parti  politiques). Ce sont des enquêtes complexes. On peut comparer cette  affaire aux assistants parlementaires du RN (Rassemblement National)… Jean-Marie Le Pen a été mis en examen la semaine dernière après des années de procédure.

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