Rien de plus triste qu’un média qui ne s’adresse plus à son public. Un journal que ne peut lire son lecteur…Une radio qui ne parle plus à ses auditeurs…Les auditeurs de France Inter en ont fait la douloureuse expérience la semaine dernière et c’est par centaines qu’ils se sont adressés au Médiateur, sur tous les tons : tristesse, incompréhension, colère parfois, derrière laquelle s’écrivent de formidables déclarations d’amour.Il y a tous ceux des auditeurs de la chaine qui tiennent à donner leur avis sur la grève elle-même. Qu’ils la condamnent vertement ou qu’ils la soutiennent. Le médiateur n’a pas vocation à les évoquer ici. Un conflit social est toujours douloureux et ne peut trouver sa vérité dans l’addition des jugements qu’il provoque. Parmi les nombreux messages reçus par Jérôme Bouvier, celui -ci a particulièrement retenu son attention : « Le droit de grève existe : c’est le droit d’exercer son métier dans des conditions dignes. Mais le droit des auditeurs a être informés existe aussi. Cette musique en continu (si bonne soit elle) ne peut elle être interrompue pour nous indiquer l’évolution de la situation ? Ou bien vous considérez que cela ne nous regarde pas ?! »Le médiateur évoque aussi cette réflexion d'un auditeur qui a écrit son message dimanche matin, au sortir de cette grève. Il s’agace de ne pas entendre de dossier récapitulatif sur le mouvement et les négociations qui ont permis d’y mettre fin.Et voici la conclusion du Médiateur sur cette question de l'information des auditeurs en temps de grève : "Il fut un temps, pas si lointain, où le motif de la grève n’était même pas donné dans le communiqué diffusé à l’antenne, pour éviter tout débat sur le contenu du message.Question qu’il faut aborder sans angélisme. La parole, comme le silence d’ailleurs sont des armes essentielles dans tous conflits. Les journalistes qui suivent les conflits sociaux, comme les conflits tout courts, le savent bien. Les médias, les entreprises d’information, sont toujours dans un exercice délicat lorsqu’ils doivent appliquer leur devoir d’informer à leur actualité interne. A leurs propres dysfonctionnements. Nos auditeurs le savent bien, mais cela n’empêche pas d’explorer ou d’imaginer de nouveaux chemins."

A retrouver sur le site des auditeurs :

Les résultats de la grande enquête Radio France "L'Allemagne, la France et vous ?" à l'occasion des 50 ans du Traité de l'Elysée

Le débat sur les anglicismes continue : cette semaine venez débattre sur le START UP

Les liens

Espace Public le site des auditeurs des radios de Radio France

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.