Trop de Johnny, trop de ministres, trop de pudeur à l’égard d’affaires internes, bon nombre de questions interpellent la rédaction. Nous évoquerons également la fin des Grandes Ondes ; c’était il y a un an. Et depuis, les services techniques de Radio France ont répondu à beaucoup d’entre vous.

Jean-Marc Four est le directeur de la rédaction de France Inter. De nombreux auditeurs ont réagit suite au traitement de la mort de Johnny Hallyday. L'information est jugée trop mise en avant au détriment d'autres événements d'actualité tel que la déclaration de Trump de transférer sa diplomatie à Jérusalem.

Un traitement démesuré par rapport au reste de l’actualité ?

"Je comprends les remarques et il est exact de dire que nous avons consacré une bonne partie de l'antenne à ce sujet le jour de sa disparition. Malgré tout, Johnny n'est pas qu'un chanteur, c'est un fait de société et c'est ce qui intéresse une chaîne telle que France Inter. Une grande partie de la société française a été touchée par cette disparition et c'est ce qui nous a intéressé. D'autre part, la critique à propos de l'actualité sur Trump le même jour n'est pas tout à fait exacte. Johnny meurt dans la nuit et c'est le soir suivant que Trump annonce sa décision de transférer son ambassade américaine à Jérusalem. Nous avons précisément tourné la page à ce moment, ce que bon nombre de médias n'ont pas fait. Nous avons beaucoup traité la disparition de Johnny jusqu'à 19h. Et dès 20h, l'ouverture des flash info devient l'actualité de la décision de Trump et le lendemain matin nous consacrons notre matinale au dossier Trump et Jérusalem. Nous avons donc en effet beaucoup parlé de Johnny mais nous avons également tourné la page pour consacrer nos émissions à un événement historique : la décision de Trump de transférer l'ambassade américaine à Jérusalem."

De nombreux auditeurs regrettent que France Inter, comme la plupart des médias, ait fait preuve de complaisance à l’égard d’un « évadé fiscal », qui, comme nous l’écrit Éliane, « ne veut pas payer ses impôts en France, mais se fait soigner par des médecins français ». Et Jacky reproche « une hagiographie complaisante et sans prise de distance ».

"Encore une fois, nous nous sommes intéressé au phénomène de société plus qu'à l'homme. Le second paramètre, assez général, est que les médias français ont tendance à négligé la critique et ne retenir que le positif lors de la disparition d'une personne. C'est un effet assez général. Ce n'est pas nécessairement une excuse mais plutôt un constat."

Le temps de parole des partis politiques

Autre question posée par des auditeurs : la forte présence, constatent-ils, de ministres et d’élus La République en marche parmi les invités de France Inter. Ce qui est vrai, Jean-Marc Four, c’est que la majorité doit bénéficier d’un temps de parole plus important que l’opposition…

"Oui ils sont présents, mais ils ne le sont en réalité même pas assez ! Nous sommes tenus par une règle établie par le CSA. La majorité doit bénéficier d'un temps de parole supérieur à celui de l'opposition. Sur France Inter, pour le dernier trimestre nous sommes très justes : il y a 18h de temps de parole pour la majorité et 17h30 pour l'opposition. Et si on prend le semestre, c'est à dire depuis début juillet, c'est l'opposition qui a eu le plus long temps de parole.         On a une particularité, c'est qu'il y a plusieurs oppositions donc si on doit donner la parole à chaque opposition, et il le faut, cela donne l'impression que chaque opposition a relativement peu de temps de parole."

D’ailleurs, à partir du 1er janvier, les règles de temps de parole édictées par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel vont changer…

"Oui. Elles vont être encore plus contraignantes. Mais pour les auditeurs ça ne changera rien, c'est à dire que le total du pouvoir exécutif (donc la majorité) et du parti principal à l'Assemblée (actuellement la même majorité : La République en marche) devra de toute façon être supérieur à la moitié du temps de parole. Mais ça parait assez légitime en démocratie."

L'affaire Patrice Bertin passé sous silence ?

Des auditeurs s’étonnent que France Inter évoque régulièrement l’affaire Weinstein et de nombreux cas de harcèlements et violences sexuels mais peu le cas de Patrice Bertin, journaliste de l'antenne.

"Ce n'est pas vrai. Déjà ce n'est pas vrai de dire que toute la presse en parle, il y a eu des articles dans Le Monde, Médiapart et le Parisien. Mais l'essentiel n'est pas là. Nous en avons parlé dans le 7/9, c'est à dire la tranche horaire la plus écoutée. Nous en avons également parlé dans Le Téléphone Sonne. Je ne crois pas que les autres médias touchés par ces événements aient fait le même effort que nous de transparence. Mais je conçois que les auditeurs ne peuvent pas tout entendre. Il faut souligner que Radio France s'honore à essayer de libérer la parole sur ces sujets et a constitué une cellule d'écoute au sein de l'entreprise."

Retour sur la fin des Grandes Ondes un an après

Jean-Michel Kandin, directeur des techniques et technologies nouvelles de Radio France, il y a un an, vous aviez promis de répondre au mieux à tous les auditeurs qui pourraient avoir des difficultés à écouter France Inter après l’arrêt des Grandes Ondes. Pourquoi l’arrêt des Grandes Ondes ?

"Nous avons arrêté les Grandes Ondes car son audience était de plus en plus marginale et son coût très élevé. Le territoire est très bien couvert en modulation de fréquence et les nouveaux modes d'écoutes sont de plus en plus utilisés (internet, mobiles ...)."

Comment avez vous traité les messages des auditeurs ?

"Nous avons centralisé l'ensemble des messages reçus par téléphone, courrier, mail ... Nous avons eu 235 auditeurs qui se sont manifestés dans les premiers jours puis 5 dans le reste de l'année. Tous ont été contactés et 140 ont souhaité continuer une discussion pour régler leur problème. Sur ces 140, 104 auditeurs ont confirmé avoir une solution, 36 continuent à affirmer ne pas pouvoir recevoir et selon notre étude seulement 7 auditeurs continuent de ne pas pouvoir capter en fm mais ont trouvé un autre moyen."

Les cas les plus courants étaient les difficultés d’écoutes dans certaines zones géographiques.

"Oui en effet. Nous nous sommes déplacés dans chaque zone pour isoler le problème. On a découvert des zones où l'écoute est inconfortable dont le littoral vendéen et certaines agglomérations. Il s'agit généralement d'une dégradation du signal à cause du nombre de stations installées dans ces zones. Nous sommes entrain de tenter de régler ces problèmes avec le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel. D'autres solution sont également déployées : le satellite et internet."

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