A Flaine, en Haute-Savoie, la perdrix des neiges profite du domaine skiable en l'absence des skieurs. Suite de notre reportage "à la poursuite du lagopède".

Bertrand Muffat-Joly, agent de l'Office français de la biodiversité, spécialiste des galliforme de montagne
Bertrand Muffat-Joly, agent de l'Office français de la biodiversité, spécialiste des galliforme de montagne © Radio France / Sandy Dauphin

Suite de notre série de reportages à Flaine, station de ski alpin de Haute Savoie où règne un calme hors du commun en ce moment en raison de la pandémie de la Covid-19.  Les remontées mécaniques sont à l’arrêt. Bertrand Muffat-Joly, agent de l’office français de la biodiversité, spécialiste des galliformes de montagne, nous emmène à la recherche d'une espèce menacée, le lagopède, également surnommé la perdrix blanche.  Skis de randonnée aux pieds, détecteur de GPS en main, il nous fait grimper en haut des pistes de la station de Flaine pour tenter de trouver le fameux lagopède.  

Un lagopède alpin
Un lagopède alpin / Bertrand Muffat-Joly

Lors du premier confinement l'Office français de la Biodiversité a mené des travaux de bioacoustique à Flaine. Elle a placé des balises dans le domaine skiable.  "On s'est rendu compte que les tétras lyres chantaient en plein midi, on a également trouvé des loges de lagopèdes en plein milieu des piste de ski. La faune profite vraiment de l'absence des humains, elle reprend ses droits", explique Bertrand Muffat-Joly.  Le comportement de l'oiseau est complètement différent lorsqu'il n'est pas dérangé.  "En période d'exploitation du domaine, il est quasiment caché dans une petite zone tranquille où personne ne passe. Il n'est pas actif. Dès que les humains partent, il réinvestit les pistes". 

Le réchauffement climatique fait peser une menace supplémentaires sur cette relique glaciaire. "Maintenant, la neige étant beaucoup plus rare, les stations de ski sont obligées de se développer vers le haut. Vers  l'étage alpin, il y a une concurrence avec le lagopède". Le naturaliste plaide pour qu'il y a un partage de l'environnement. A Flaine, l'Office français de la biodiversité mène justement un travail en partenariat avec les dirigeants de la station  pour sanctuariser certains espaces pour la faune. La station a également mis en place l'un des premiers Observatoire de la biodiversité des Alpes.