Pour cette série de reportages, Caroline part à la rencontre d'une communauté de gens du voyage qui réside sur l’aire d’accueil d’Hellemmes-Ronchin, près de Lille. L'occasion, aujourd'hui, de rencontrer les tantes de Pruna Demestre.

Pruna Demestre entourée de ses tantes, dans leur châlet de l'aire d'accueil d'Helemmes-Ronchin, en périphérie de Lille.
Pruna Demestre entourée de ses tantes, dans leur châlet de l'aire d'accueil d'Helemmes-Ronchin, en périphérie de Lille. © Radio France / Caroline Gillet

Pour ce nouvel épisode sur l'aire d'accueil d'Hellemmes-Ronchin, près de Lille, Caroline rencontre aujourd'hui les trois tantes de la jeune activiste Pruna Demestre, co-fondatrices du  Collectif Femmes LM Ronchin. Cette association citoyenne est majoritairement composée de femmes du voyage qui oeuvrent à l'amélioration des conditions de vie de l'aire d'accueil auprès de la municipalité. 

Depuis 2012, le mouvement cherche à alerter les autorités sur les risques sanitaires auxquels sont exposé.e.s les résident.e.s du site d'Helemmes-Ronchin, située entre une centrale à béton, une station de concassage de gravats, un champ de blé où sont épandus engrais et pesticides et plusieurs lignes ferroviaires.

Pour les tantes de Pruna, la présence majoritairement féminine du collectif s'explique d'abord par une différence culturelle:

"Pour les hommes, chez nous, ce serait comme se rabaisser que de demander de l'aide aux sédentaires. Ils savent que ça ne va rien donner"

C'est également les femmes, piliers de la communauté du voyage, qui sont, par la nature de leur rôle quotidien, les plus exposées à la réalité des ravages environnementaux sur leurs enfants et leur habitat. 

Trois garçons dans le châlet de la famille Demestre, sur le site d'Hellemmes-Ronchin.
Trois garçons dans le châlet de la famille Demestre, sur le site d'Hellemmes-Ronchin. © Radio France / Caroline Gillet

"Après 8 ans, on va dire qu'on nous entend, mais on nous écoute pas"

Face à ce constat, les femmes de la communauté décident très vite de se mobiliser, en organisant de nombreuses manifestations, dont des marches vers les mairies locales où les activistes sont confrontées aux promesses des autorités qu'elles rencontrent, sans aucun changement conséquent, depuis plus de sept ans. 

Ils nous on fait des belles promesses, comme quoi on allé.e.s être relogé.e.s dans les deux mois à venir. On a vraiment cru, cette fois-là, qu'on avait gagné le combat. Mais on s'est rendu compte encore une fois qu'ils nous ont pris pour des cons, parce que c'était juste du blabla pour nous calmer.

La période de pandémie a renforcé les inégalités et la précarité présentes sur le site d'Hellemmes-Ronchin, et a exacerbé le sentiment d'aliénation et d'indifférence des activistes du site. Face à leurs nombreuses demandes d'analyse de l'air et de la pollution sonore du site par des autorités sanitaires, les femmes du collectif ont reçu pour toute réponse de la municipalité, une plaque en fer, sensée tester le taux de poussière du site, et dont les résultats difficilement recueillis ont indiqué par la suite, un site "habitable".

Aujourd'hui, les femmes du collectif ne rendent pas les armes, et espèrent que leur combat sera porté, après elles, par Pruna et la jeune génération de gens du voyage qui s'activent à représenter la communauté de 200 personnes vivant sur l'aire depuis 2010. 

"Je leur souhaite d'avoir une belle vie et surtout de ne plus vivre là où nous sommes. De vivre mieux."

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