2ème épisode de cette série sur les plastiques en mer. L'océanographe Olivia Gérigny nous ouvre les portes de son laboratoire de l'Ifremer, à La Seyne-Sur-Mer. Elle archive depuis dix ans des micro-particules de plastique recueillies sur toutes les façades maritimes françaises. La Méditerranée est la plus polluée.

Olivia Gérigny, océanographe, garde précieusement des années d'archives de micro-plastiques dans ses armoires.
Olivia Gérigny, océanographe, garde précieusement des années d'archives de micro-plastiques dans ses armoires. © Radio France / Célia Quilleret

Cet inventaire de la pollution plastique sur l'ensemble des côtes françaises est crucial. Nous sommes dans un grand bâtiment de l'Ifremer, tout près de la rade de Toulon. Les scientifiques observent la mer depuis leurs baies vitrées. Sur leurs paillasses, des loupes binoculaires leur permettent d'avoir une vision précise de ces micro-plastiques, ces petites particules qui polluent mers et océan. Et dans les armoires de ce laboratoire, sont rangées côte à côte des centaines de flacons avec des résidus de plastique de différentes tailles collectés depuis plusieurs années le long des côtes françaises.

Au laboratoire de l'Ifremer, à La Seyne-sur-Mer sont analysées des eaux de surface de différentes mers. Ces informations donnent des précisions utiles sur la qualité des eaux.
Au laboratoire de l'Ifremer, à La Seyne-sur-Mer sont analysées des eaux de surface de différentes mers. Ces informations donnent des précisions utiles sur la qualité des eaux. © Radio France / Célia Quilleret

200.000 tonnes de plastique dans la Méditerranée

Cet archivage permet de mesurer l'évolution de cette pollution et d'en informer les autorités françaises et européennes. Les chiffres donnés par Olivia Gérigny donnent le vertige. "360 millions de tonnes de plastique ont été produites au niveau mondial en 2018 et parmi elles, 8 millions de tonnes finissent dans l'océan. Quant à la Méditerranée, elle en récupère 200.000 tonnes",  précise la chercheuse, ce qui est beaucoup par rapport à sa surface. 

Autre donnée, "il y aurait 250 milliards de particules de plastique à la surface de l'eau dans la Grande Bleue", ajoute-t-elle, cette mer est un point chaud du globe, et si on considère les macro-déchets, il y en aurait 200 par kilomètre carré en Méditerranée, soit deux fois plus que dans l'océan atlantique. C'est donc une urgence de lutter contre cette pollution. La  Convention de Barcelone s'y emploie, elle tend à améliorer l'état de la Méditerranée, mais des efforts sont toujours nécessaires.  

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