Depuis que les chasseurs ont obtenu une dérogation pour pouvoir chasser le gros gibier pendant le confinement, pro et anti chasse s'insultent sur les réseaux sociaux. Pour mieux comprendre, nous vous emmenons au coeur d'une chasse aux sangliers, dans la forêt de Châteauneuf-en-Thymerais, en Eure-et-Loire.

Chasse aux sangliers, Châteauneuf-en-Thymerais, le 14 novembre 2020
Chasse aux sangliers, Châteauneuf-en-Thymerais, le 14 novembre 2020 © Anaëlle Verzaux

La chasse se déroule le 14 novembre 2020. 

26 chasseurs se retrouvent pour chasser le gros gibier, en priorité des sangliers et des chevreuils. Mais quand un renard est repéré, il peut se faire canarder, et ses restes sont alors abandonnés en forêt. Pour les chasseurs, c’est un nuisible, qui doit être éliminé.
Ce qui frappe, c'est ce grand écart entre la douceur de la nature et la violence de la chasse, une violence à laquelle nous ne sommes pas (pas tous !) habitués.
Mais au fonds le plus violent est-ce : de tuer un animal pour le manger ou le fait de manger un animal sans savoir comment il a été tué ? Je me souviens d’un reportage que j’avais fait pour l’émission « Là-bas si j’y suis » diffusé sur France Inter en 2013, dans un abattoir de poulets en Bretagne : des milliers de poulets défilaient à la chaîne, ils étaient abattus à toute vitesse, le plus vite possible, puis éviscérés, à la chaîne. Comment oublier l’odeur de cette salle « d’éviscération », et surtout les ouvriers qui y travaillent, dans des conditions dégradantes, toute la journée dans l’humidité répétant les mêmes gestes d’un poulet à un autre, toujours plus vite.

Ces souvenirs me parviennent tandis que je marche à vive allure dans les hautes fougères, derrière Xavier et ses chiens. 

Ici au moins, la forêt est belle.

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