La transition agro-écologique est aujourd’hui en marche, on ne peut que s’en réjouir, même si d’aucuns, dont je fais partie d’ailleurs, pensent que l’on pourrait aller bien plus vite et bien plus fort.

Alors, quand on est au cœur de ces changements il est normal d’avoir une vision prospective, certes, mais aussi de repérer les freins et les potentielles erreurs susceptibles de ralentir voire de stopper la dynamique.

C’est là le cœur de mes questions à Jean-Philippe Quérard, conseil en stratégie de transition et président du mouvement « Pour une agriculture du Vivant » :

L'agroécologie apparaît aujourd'hui vraiment comme une solution a beaucoup de nos problèmes et on peut tous se réjouir de cette prise de conscience collective. [...] Pour moi on est face à deux grands défis, on doit résister à deux grandes tentations si on veut accompagner cette transition du mieux possible : vouloir réduire l'agroécologie à une norme, un label [...] qui figerait cette transition.

Premier danger donc, normer et donc figer, et le second, quel serait-il ?

Eviter de multiplier les démarches qui seraient privatives. Là aussi on peut comprendre qu'un acteur économique de taille importante ait envie de s'approprier cette transition, d'en faire un angle de différenciation [...] la tentation est grande de vouloir se montrer plus durable que son concurrent direct. Je crois que ce serait une erreur collective et qu'il est absolument indispensable de faire converger nos référentiels, d'accompagner cette transition de façon collaborative et de ne pas se lancer dans des actions solitaires qui seraient à mon avis complètement stériles [...].

Agir ensemble pour construire les bases de la prospérité de chacun, voilà un air de déjà vu et notamment dans le monde du numérique. Mais l’enjeu ici serait-il vraiment global ?

En effet c'est vraiment une dimension globale puisque quelque part ce dont on est en train de parler, c'est de la survie de l'espèce humaine. Et donc cette agronomie qui doit nous régler les problèmes du climat, de la biodiversité, de l'eau, de la santé [...], on voit bien qu'on touche à tellement de situations. La transition alimentaire et agricole est vraiment au cœur de tous ces défis et elle est mondiale [...].

Voilà le pourquoi du collaboratif en agriculture. 

Si nous voulons garder notre sens de l’humus, il nous faut absolument travailler ensemble.

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  • Arnaud DaguinAncien chef étoilé, expert en stratégie alimentaire
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