La permaculture, un mot que l’on entend de plus en plus et que l’on utilise à toutes les sauces - un terme qui a le dos large en quelque sorte.

De quoi la permaculture est-elle le nom ?
De quoi la permaculture est-elle le nom ? © Getty / Simonkr

Parler de permaculture de nos jours revient souvent à accumuler des fantasmes voire des utopies tant ce mot a évolué ces dernières années. Et c’est très bien ! Nous avons besoin d’utopies et de fantasmes pour imaginer le monde de demain. Mais revenons au mot lui-même : "permaculture". Il semble nous dire quelque chose de simple au fond. Quelque chose comme : "culture permanente". 

Pourquoi aurions-nous besoin de spécifier la permanence quand nous parlons de culture ? 

Peut-être parce que, depuis que nous cultivons, c’est-à-dire depuis les débuts du néolithique, de par nos techniques de cultures, nos sols agricoles sont nus et donc "incultes" au sens propre du terme pendant une bonne partie de l’année. En France, par exemple, la grande majorité de nos sols agricoles restent nus entre deux cultures et ce, en moyenne 130 jours par an. Un tiers de l’année !

Un tiers de l’année pendant lequel le soleil stérilise au lieu de produire de la photosynthèse. Un tiers de l’année pendant lequel les averses et orages lessivent et érodent des sols vulnérables car exempts de plantes et donc de racines pour les aider à rester structurés. La permaculture, c’est donc d’abord le fait de ne jamais laisser le sol sans plante poussante. 

C’est simple, certes, mais pas si évident que ça quand on connait un peu l’agriculture. Le domaine de prédilection de la permaculture c’est bien sûr le maraîchage et aujourd’hui tout le monde ou presque connait la ferme du Bec Hellouin qui en est l’étendard le plus célèbre.

Mais c'est d’une autre ferme dont nous allons parler ici, une ferme en permaculture et agroforesterie, elle se situe aussi en Normandie et s’appelle la Ferme de la mare des Rufaux. Elle est animée et tenue par Louise Desfontaines et Edouard Stalin.

Est-ce qu’on demande à la nature de se plier à nos lois ?

C’est bien gentil tout ce petit monde qui prédate entre soi mais comme aurait dit ma grand-tante Hyppolite : "C’est pour nous qu’on fait pousser des carottes, pas pour les garennes !". Comment fait-on dans ce vivant foisonnant pour protéger ses productions ?

"Le gîte et le couvert", finalement, que ce soit dans nos rapports humains ou dans nos relations à la nature, on retombe toujours là-dessus. Héberger et nourrir le plus grand nombre, tendre vers un équilibre des parties, équilibre dans lequel aucun des participants n’a le loisir, ni la place de prendre le pouvoir sur tous les autres. Un équilibre qui nous permet de nous passer de tous les mots en "cide" : fongicides, insecticides, herbicides, bref, l’équilibre et le foisonnement de la vie pour produire plus et mieux.

Il est sans doute là notre sens de l’humus. À nous de savoir le cultiver.

L'équipe
  • Arnaud DaguinAncien chef étoilé, expert en stratégie alimentaire
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