Si on considère que la survie de Sapiens passe par sa capacité à produire de quoi se nourrir durablement, alors on ne peut que s’intéresser à la biodiversité.

Hotel à insectes
Hotel à insectes © Getty / Guido Mieth

Comme nous l’a déjà dit ici le très compétent Konrad Schreiber, en matière d’agriculture il y a deux sortes de pratiques : celles qui détruisent la biodiversité et celles qui produisent de la biodiversité.

Cela fait déjà longtemps que nombre d’acteurs agricoles savent que cette diversité du Vivant est le moteur même de la fertilité. C’est cette même pensée qui a donné naissance au concept d’agriculture biologique il y a plus d’un demi-siècle.

J’ai demandé à Jean-Christophe Bady qui produit à Ansan dans le Gers de magnifiques blés de variétés anciennes et bien d’autres choses en quoi cette biodiversité était importante :

Le principe de fonctionnement de la ferme est basé sur la biodiversité et sur la chaîne alimentaire. [...] Dans mes blés anciens, [....], je vais rajouter des trèfles, de la phacélie, du lotier. [...] Tout en produisant une culture de blé, on va enrichir le sol et comme le sol est toujours protégé, on évite l'évaporation [naturelle] et ça permet de nourrir les abeilles, au gibier de se cacher. On va perdre peut-être un peu au niveau du rendement de la culture principale, mais on gagne en biodiversité [...].

Et en plus, Jean-Christophe nous rend service à tous en capturant dans l’atmosphère et en stockant dans ses sols un maximum de carbone. Certes il le fait pour améliorer la fertilité mais vivement que ce genre de service soit rémunéré par la PAC.

Par ailleurs, il semblerait que la biodiversité ait des effets insoupçonnés et notamment sur la qualité des produits, c’est quoi cette histoire Jean Christophe ?

C'est une histoire magnifique. On savait que l'abeille, les insectes pollinisateurs, avaient beaucoup d'influence sur notre alimentation mais il se trouve que ça va beaucoup plus loin. Un blé n'a pas besoin d'abeilles pour être polliniser, mais par contre l'abeille et tous les insectes pollinisateurs sont bénéfiques sur ces céréales anciennes. Par vibration, on augmente le taux de protéines. C'est un phénomène mécanique, connu des scientifiques, mais très peu employé. [...] Et ça c'est intéressant pour l'homme, car la protéine on la retrouve dans la graine.

Et oui c’est intéressant pour l’homme !

Plus on est DANS le Vivant, plus on est nous-mêmes vivants et plus on a de chances de le rester durablement.

Alors, gardons notre sens de l’humus et mettons de la biodiversité partout…

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  • Arnaud DaguinAncien chef étoilé, expert en stratégie alimentaire
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