Même si ces notions paraissent fort éloignées d’un champ de patates par exemple, on va bien voir, du moins je le souhaite, que finalement, l’avenir de l’agriculture, qui est, je le rappelle, notre seule interface active avec la Nature, en dépend largement.

Fécondité et réconciliation
Fécondité et réconciliation © Getty / Thomas Barwick

Depuis que nous, sapiens sapiens, sommes passés du statut de préleveurs/prédateurs à celui de producteurs/éleveurs, nous n’avons cessé de perfectionner nos techniques de production et de sélection en vue de nous nourrir tous.

Et ça a plutôt bien fonctionné puisque nous sommes encore là aujourd’hui, de plus en plus nombreux sur cette planète.

Mais voilà, depuis le début de ces activité agraires, nous nous comportons comme si le Vivant était à nos ordres et prêt à obéir à nos injonctions. 

Comme si cette Nature dont nous faisons intégralement partie était à notre service.

Or ce n’est pas le cas, la Nature n’est au service de personne, elle EST tout simplement.

Et c’est donc à nous, les humains, d’y trouver une place juste, un fonctionnement harmonieux qui nous permette d’y rester le plus longtemps possible.

J’ai demandé à Hervé Covès, agronome, formidable pédagogue et… moine franciscain de nous parler de la fécondité ou plutôt de ce que serait un rapport fécond avec la Nature…

Lorsqu'il s'agit d'agriculture, de jardinage, ou simplement de relation avec la nature, [...] on a souvent l'impression que la nature est hostile, méchante voire mortelle. [...] La fécondité ce serait finalement nos relations entre la nature et l'homme, où l'un se met à l'écoute de l'autre, dans un projet commun, qui puisse faire émerger quelque chose d'autre, [...] quelque chose qui n'a pas encore existé peut-être.

« Quelque chose qui n’a jamais existé » c’est passionnant non ?

Est-ce que ce « quelque chose qui n’a jamais existé » pourrait être de l’ordre d’une réconciliation avec cette Nature à qui, il faut bien l’admettre, nous faisons la guerre depuis si longtemps ?

Se réconcilier c'est d'abord prendre acte de tout ce que l'on fait mal dans notre vie, de ce que l'on fait mal envers cette nature pourtant si généreuse, pour ensuite pouvoir avancer sur un nouveau chemin. Un nouveau chemin qui puisse nous permettre à nous tous, vie naturelle comme vie humaine, de trouver peut-être un nouveau sens et pourquoi pas un peu plus d'amour.

Un peu plus d’amour sur notre chemin, c’est un agronome qui nous dit cela, on semble loin du champ de blé ou de l’élevage de vaches laitières n’est ce pas ? 

Et pourtant, pourtant ils sont de plus en plus nombreux les paysans, les scientifiques, les techniciens de l’agriculture, à considérer que nous aurions tout à gagner à pacifier notre rapport au Vivant pour en tirer le meilleur et le plus longtemps possible.

Alors ça serait quoi le début de ce chemin, ça commencerait par quoi ?

Ça commence très probablement par de la tendresse. Une relation tendre, amoureuse, voire même passionnée. D'essayer de mieux observer, de mieux comprendre, de mieux ressentir comment la vie évolue autour de nous pour que nous puissions mieux avancer. [...] Finalement l'enjeux de la fécondité, l'enjeu de cette réconciliation, c'est l'amour !

Et oui, l’enjeu au fond c’est l’Amour, pas étonnant de la part d’un moine de l’ordre de St François d’Assise me direz vous, et vous aurez raison. 

Mais peut être que c’est là que ça se passe, au cœur du Vivant, et au fond de notre cœur à nous.

Alors, gardons notre sens de l’humus et… réconcilions nous !

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  • Arnaud DaguinAncien chef étoilé, expert en stratégie alimentaire
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