La biodiversité est un sujet dont nous avons tous conscience qu’il est crucial, mais il peut être mal compris dans sa globalité. Qu’en est-il exactement ?

La biodiversité : un concept qu'on entend constamment mais peut-on vraiment le définir ?
La biodiversité : un concept qu'on entend constamment mais peut-on vraiment le définir ? © Getty / Juanma Domínguez

Quand on parle des menaces qui pèsent sur la biodiversité, de la disparition des espèces animales notamment, nous nous focalisons, et c’est bien normal, sur ce que nous sommes capables de constater nous-mêmes, à notre échelle d’humains. 

Moins d’oiseaux, beaucoup moins… Plus d’insectes écrasés sur les pare-brise de nos belles automobiles, les orang-outangs décimés par la déforestation galopante etc…

Ce que nous constatons en général, ce sont les conséquences de cette diminution et c’est normal.

Mais si nous voulons comprendre et, je l’espère, corriger ces effets, il serait sans doute bon de se pencher sur les causes premières de cette diminution et donc de se pencher vers le sol car là aussi, c’est au sol que tout commence.

J’ai demandé à François Mulet, infatigable animateur de « Ver de terre production » quel était son point de vue sur la question, lui qui passe son temps à remettre de la vie dans les sols.

En fait la biodiversité il y a en deux grandes sortes fondamentalement.

"Celle du végétal [...]. Il y a plein sortes de plantes végétales -des petites, des grandes, des vieilles, des jeunes - avant tout parce qu'elles essaient de s'adapter au climat. Au final toutes ces plantes font à peu près tout le temps la même chose : elles produisent du végétal, mais en s'adaptant à tous les climats possibles. C'est d'ailleurs pour ça que dans les climats très stables, où il pleut très régulièrement avec une chaleur très régulière, on voit pas beaucoup de biodiversité végétale parce qu'il n'y en a pas besoin pour produire.

On comprend bien ici que c’est d’abord la partie végétale de la biodiversité qui démarre les cycles de la biodiversité tout court, mais comment ça marche en fait ? "Le problème de cette biodiversité est que la plante est vivante et n'aime pas trop se faire manger de son vivant. Elle ne laisse pas forcément les animaux la manger, [...] elle va essayer de se protéger". 

Tout le problème de cette seconde biodiversité dont je vais parler, c'est qu'elle a besoin de manger. 

"[...] Un verre de terre, un champignon, si la plante vivante ne veut pas se laisser manger, ce qui leur reste c'est la plante morte. [...] Fondamentalement, pour avoir de la biodiversité dans un système, il faut faire pousser des plantes et il faut la laisser mourir au sol, en majorité, pour qu'elle soit mangée au sol. Quand on a réussi à faire ça, on a recréé une très très grosse partie de la biodiversité. Le reste est un petit peu annexe..."

"Un petit peu annexe" ? Mais alors qu’en est il réellement de la ré-introduction d’espèces, les abeilles par exemple ? Est-ce une bonne piste ou bien confondons nous les effets et les causes ?

Ce n'est pas en ajoutant une abeille qu'on va réussir à résoudre quoi que ce soit. Il faut prendre le problème beaucoup plus en amont : le cycle de la plante qui pousse, le cycle de la plante qui meurt. Et de ce cycle émergent beaucoup d'animaux [...].

Voilà un bon exemple, ce n’est sans doute pas en essayant de pallier les conséquences mais bien en s’attaquant aux causes, une fois de plus, que nous arriverons à rectifier le tir. 

C’est en installant du végétal partout, plantes et arbres, en ville comme en campagne, que nous verrons renaître cette biodiversité. 

"Grandir, mourir, pourrir et donc nourrir", telle est la grande règle du vivant et ça commence par le sol et le végétal bien entendu.

Alors, gardons notre sens de l’humus, faisons pousser les plantes partout et… Laissons les mourir au sol pour qu’elles nourrissent la biodiversité.

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  • Arnaud DaguinAncien chef étoilé, expert en stratégie alimentaire
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