Le décès d'un homme près d'une salle de shoot dans le 10ème arrondissement a relancé les controverses autours de ces lieux, et sur la politique antidrogue plus généralement.

Pause Diabolo, un centre de réduction des risques pour les toxicomanes, à Lyon, en France.
Pause Diabolo, un centre de réduction des risques pour les toxicomanes, à Lyon, en France. © Getty / BSIP

En septembre 2013 Manuel Valls affirmait, avec détermination, son intention de « lutter contre les trafics de drogue» avec ce qui allait devenir le « plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives ». La nouvelle terminologie (seule la toxicomanie était jusqu'à présent mentionnée ) illustre la volonté du gouvernement de faire « la guerre » à toutes les formes d’addictions.

Un succès de façade

Si la politique gouvernementale de ses dernières années semble avoir donné des résultats spectaculaires en termes de chiffres (en vingt ans, le nombre d’affaires liées aux stupéfiants traitées par les forces de l'ordre a été multiplié par six), les mesures répressives sont cependant loin d’avoir endiguées le phénomène.

C'est que la lutte est complexe. L'arsenal législatif est souvent taxé d'inefficacité du fait de son application difficile, et de résultats peu probants. Les sanctions à l’encontre des consommateurs, parfois jugées trop punitives, n’ont par ailleurs pas empêché le nombre de ces dernier de croître. De même, la politique du chiffre conduit souvent les services de police à préférer une multitude de petites interpellations à des opérations de plus grosse envergure, plus coûteuses en temps et en moyens, et ce sans garantie de succès.

Le rapport de l’Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies, consultable ici, permet, entre autres, une quantification de l'usage des différents stupéfiants. Et sans surprise, les chiffres sont toujours alarmants.

On compte, d’après ce même rapport, 14 millions de fumeurs réguliers. 700 000 personnes consommeraient du cannabis quotidiennement, et 5 millions prennent de l’alcool à la même fréquence. Le rapport, sans surprise, met aussi la lumière sur l’âge des consommateurs, toujours plus jeunes. Sans parler du recours de plus en plus fréquent à des drogues de synthèses, ou encore de l’utilisation de produits médicamenteux notamment à base de codéine à des fins récréatives qui se répand chez les adolescents et jeunes adultes et qui a causé la mort de deux adolescents depuis le début de l'année.

Ce que la loi prévoit

Annoncé par le ministre de l'intérieur Gérard Collomb, au mois de mai, l’usage des drogues sera désormais punit par une amende. Il ne s'agit pas d'une dépénalisation, mais d'un "transfert" de juridiction: la contravention relevant désormais de juridiction de proximité et plus du tribunal correctionnel

En France, la loi de 1970 dispose pour le moment que « L’usage illicite de l’une des substances ou plantes classés comme stupéfiants est puni d’un an d’emprisonnement et de 3750 euros d’amende » (Article L.3421-1 du Code de la santé publique). Le texte ne distingue pas les différentes drogues, ni le cadre privé ou public de la consommation.

Qui fait quoi?

C’est la Mission Interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Midelca) qui pilote la politique en matière de stupéfiant dans l’hexagone et coordonne l'action des différents acteurs de la lutte. Elle est directement placée sous l’autorité du Premier Ministre.

L’Office Central pour la Répression du Traffic Illicite des stupéfiants (OCTRIS) anciennement dirigé par François Thierry tombé, depuis, en disgrâce, travaille sous l’autorite du ministère de l’intérieur. Elle est chargée de coordonner la lutte anti-drogue sur le terrain (police, gendarmerie, et douane)

Lutte contre la drogue et dépénalisation

La lutte contre la drogue est un enjeu majeur de santé publique et la lutte contre les trafiquants est une priorité puisqu'on sait que l'argent de la drogue finance le terrorisme. Conjuguer ces luttes indispensable au bon fonctionnement de la société avec la nécessité de prendre en compte les nouveaux comportements, notamment de la jeunesse n''est pas le moindre des défis qu'auront à résoudre nos gouvernants dans les années à venir.

Dans le Téléphone Sonne, de 19h20 à 20h, posez vos questions ou réagissez à propos de la politique antidrogue. Appelez le standard de l'émission au 01 45 24 7000, ou intervenez sur les réseaux sociaux #telsonne.

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