52% des salariés se disent anxieux au travail. L’Institut de veille sanitaire a estimé que le burn-out concerne environ 7 % des 480 000 salariés en souffrance psychologique liée au travail, alors que les "hapiness manager" apparaissent dans les entreprises pour nous apporter du bien être et du bonheur au travail.

Le bien être au travail, une nouvelle norme?
Le bien être au travail, une nouvelle norme? © AFP / Garage Island Crew / Cultura Creative

Le 1er mai comme le 8 mai à venir signifie pour certaines entreprises un manque à gagner. Mais pour certains salariés, c'est un soulagement. La semaine coupée comme on respire. Car pour certains, travailler est une souffrance. 

Or, aux 52% des salariés qui se disent anxieux au travail, aux 24% en situation d'hyperstress, aux 18% qui ont déjà été victimes d'un burn-out, on répond gestion du stress, coaching, hotline, séminaire. On veut mettre de "l'humain dans le process" et rien que les mots sont anxiogènes... Sans quitter des yeux ce qui est considéré comme l'essentiel : la performance. 

Pour répondre au burn-out, on nous parle de bonheur au travail, de "chief happiness" de "hapiness manager". Après que vous ayez tous rempli un long questionnaire comme nous l'avons tous fait dans nos entreprises, on installe un baby-foot. Personne ne dit que l'entreprise ne doit plus gagner d'argent, puisque c'est comme ça qu'elle embauche. Mais quand elle se transforme en milieu toxique, en quoi elle est performante ? A quel moment la performance individuelle a t-elle supplanté le collectif ? A quel moment la fragmentation des taches, la mobilité permanente a t-elle désorienté les salariés au point de les épuiser ? Et on parle des salariés en bas de l'échelle, mais pas seulement, ceux qui sont plus haut, ceux qui donnent des ordres, sans en connaitre la finalité. Sans connaître le sens ! 

Pourtant, tout le monde sait désormais ce que sont les risques psychosociaux. Ils sont évalués. Documentés. Reconnus. On ne s'est jamais autant préoccupé du bien être des salariés !  Il n'y a jamais eu autant de bonnes intentions. Pourtant les chiffres de souffrance au travail grimpent toujours. Il doit y avoir quelque chose qui ne va pas.

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