Devant la réunion des deux chambres à Versailles, le Président Macron affirme les ambitions de son quinquennat, et risque la légitimation des accusations de monarchisme qu'il subit

Les deux chambres du parlement (Assemblée nationale et Sénat) se sont rassemblées à Versailles le 3 Juillet 2017
Les deux chambres du parlement (Assemblée nationale et Sénat) se sont rassemblées à Versailles le 3 Juillet 2017 © AFP / Philippe Wojazer

C'est un droit que l'on voit pour la première fois exercé aussi tôt dans une mandature présidentielle : Emmanuel Macron a décidé la réunion de l'Assemblée Nationale et du Sénat à Versailles, lundi 3 juillet. Contournant l'interdiction infligée au Président de la République d'entrer au Palais Bourbon, il prononcera ainsi, devant députés et sénateurs, une déclaration visant à exprimer le cap qu'il souhaite fixer pour son quinquennat.

Avant lui, sous la Ve République, les Présidents Sarkozy et Hollande avaient également eu recours à l'article 18 de la Constitution. Depuis la révision constitutionnelle de 2008, il permet au Président de la République de s'adresser directement aux deux assemblées. Il s'agissait cependant de contextes plus singuliers qu'une nouvelle législature : Nicolas Sarkozy, en 2009, souhaitait répondre aux tourmentes de la crise économique quand, en novembre 2015, François Hollande réagissait solennellement aux attentats qui venaient de frapper la France. Dès lors, le choix d'Emmanuel Macron interpelle : à quelle nécessité cette opération fastidieuse et hyper-présidentielle répond-elle ?

Si E. Macron peut raisonnablement compter sur sa majorité nouvellement élue pour constituer un auditoire sage et discipliné, de nombreuses voix se sont élevées, à droite comme à gauche, pour critiquer cette convocation" présidentielle. Eric Ciotti (LR) n'a pas hésité à la qualifier "d'humiliation totale", Jean-Luc Mélenchon a assuré que le groupe parlementaire de La France Insoumise boycotterait le rendez-vous, et Jean-Christophe Lagarde (UDI) a accusé Emmanuel Macron de "passer son temps à faire à la fois le travail de Président de la République et de Premier ministre".

Contre ces propos, Christophe Castaner (porte-parole du gouvernement) avait justifié cette prise de parole en rappelant qu'elle était un engagement de campagne pris auprès des Français, et qu'elle se voulait devenir un rendez-vous annuel de vie démocratique, le Président Macron voulant s'adresser, à travers les deux chambres réunies, à l'ensemble du peuple.

Finalement, alors que cette déclaration intervient la veille de la déclaration de politique générale du Premier ministre Edouard Philippe, elle appelle plusieurs interrogations sur lesquelles se pencheront Claire Servajean et les invités du Téléphone Sonne, de 19h20 à 20h : *Quel personnage présidentiel Emmanuel Macron se forge-t-il ? Quelles visions de sa fonction impose-t-il au reste des institutions ? Quelle forme et quel contenu aura le quinquennat présenté par cette déclaration ?

Ce soir, intervenez jusqu'à 20h dans le Téléphonne Sonne pour aborder sur France Inter les principales questions liées au Congrès du Parlement.

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