220 millions d'euros : c'est le prix record du transfert du joueur brésilien Neymar Jr. qui passe du FC Barcelone au Paris-Saint-Germain. Le foot est-il devenu fou ?

 Le joueur brésilien Neymar quitte le FC Barcelona pour le PSG
Le joueur brésilien Neymar quitte le FC Barcelona pour le PSG © AFP / Pau Barrena

En concrétisant le transfert du brésilien Neymar da Silva Santos Júnior pour 220 millions d'euros, le Paris Saint-Germain a pulvérisé le précédent record du transfert le plus cher de l'Histoire; détenu par Manchester United qui s'offrait, l'année dernière, le français Paul Pogba pour 120 millions d'euros. Des sommes astronomiques qui confirment l'écart croissant entre le football amateur et professionnel. Et accentuent l'image d'une élite sportive profondément éloignée des problématiques économiques actuelles.

Toujours plus haut

Si les commentateurs ne doutent pas de l'apport sportif de Neymar, considéré par beaucoup comme l'un des trois meilleurs joueurs du monde, l'opinion publique, elle, s'interroge aujourd'hui sur la démesure des sommes investies: en prenant en compte la clause libératoire, les charges, les primes et le salaire sur 5 ans, le coût total du dossier Neymar devrait dépasser les 700 millions d'euros.

C'est que, depuis un siècle, les montants des transferts des joueurs vedettes n'ont pas cessés d'augmenter. Ainsi, l'arrivée de Diego Maradona, parti du FC Barcelone en 1984 n'a coûte "que" 5 millions au club italien du SSC Naples. 17 ans plus tard, Zinédine Zidane rejoignait le Real Madrid pour 81 millions d'euros. Et ainsi de suite jusqu'au 220 millions d'euros dépensés cet été par le club parisien.

Global football

L'arrivée de nouveaux propriétaires explique en partie l'importance des sommes déboursées. Qu'il s'agisse de Roman Abramovitch, propriétaire de Chelsea depuis 2003, des hommes d'affaires américains à la tête de Manchester United ou des fonds qataris du Paris Saint-Germain, la logique est la même: afin d'être rapidement compétitif, ces derniers s'empressent d'acheter des joueurs, parfois au delà de leur valeur, au risque de déréguler les prix du marché des transferts qui se révèle un marché comme un autre.

A cela s'ajoute l'explosion des montants des droits télévisées et des revenus publicitaires associés, mais également et surtout l'impact financier de l’extra-sportif: à lui seul, Neymar est plus suivi sur les réseaux sociaux que l'ensemble des clubs de Ligue 1 réunis.

La globalisation de l'industrie du football à même conduit certains clubs à adopter des stratégies d'achat-revente de joueurs, à l'image du FC Porto et du Benfica Lisbonne. "Certains clubs ont pleinement intégré les transferts dans leur plan économique. Ils investissent sur des joueurs en fin de formation, donc jeunes, et ils les prêtent ou les font jouer avec l'objectif de les revendre avec une bascule financière importante et la volonté de faire des plus-values" expliquait Christophe Lepetit dans les colonnes du Figaro.

Malgré l'indignation (nuancée) de l'opinion publique, il y a peu de chances de voir cette tendance s'inverser. En effet, l"arrivée de nouveaux investisseurs, notamment en Asie et au Moyen-Orient, dans l'industrie du football ouvre autant de nouveaux marchés à conquérir pour les clubs et leurs sections marketing.

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