Le pays des cèdres se réveille aujourd’hui endeuillé et meurtri après avoir été frappé par deux explosions qui ont ravagé la capitale. Déjà très affaibli cette année par une crise politique et économique sans précédent, comment le Liban se relèvera-t-il de cette ultime catastrophe ?

Déjà au bord de la rupture, le Liban doit faire face à la catastrophe
Déjà au bord de la rupture, le Liban doit faire face à la catastrophe © AFP / STR / NURPHOTO

Ce mercredi 5 août, un air d’apocalypse embaume les rues beyrouthines. Deux déflagrations provenant du port ont fait voler la ville en éclat hier en fin d’après-midi. 

Vitres brisées à des kilomètres à la ronde, immeubles défigurés, voitures abandonnées en pleines rues … la ville est actuellement le triste théâtre d’une tragédie qui a déjà engendré plus d’une centaine de morts et des milliers de blessés. 

Les circonstances de l’accident demeurent floues, mais seraient dues à un stockage massif de nitrate d’ammonium dont le contrôle n’aurait pas été assez sécurisé par les autorités politiques. 

Depuis, les hôpitaux sont submergés et peinent à accueillir les nombreuses victimes. Choqués, les habitants cherchent leurs proches disparus et organisent des réseaux d’entraide, notamment par des appels aux dons de sang.  

Ceux qui n’ont pas été directement touchés ou qui sont désormais en sécurité se disent tout de même à la fois brisés par l’événement et inquiets pour l’avenir de leur pays, déjà mainte fois ébranlés par de multiples guerres, attentats et une instabilité politique qui conduit l'Etat à la déroute. 

Mesurer l'ampleur des dégâts 

Les pertes engendrées s'élèveraient pour le moment à plus de 2,5 milliards d'euros. 

Au delà des dommages matériels, plus de 300 000 personnes ont perdu leur logement. La crise économique avait déjà plongé des millions de personnes dans une misère désastreuse. 

Les retombées industrielles risquent d'alourdir fortement le bilan, le port de Beyrouth étant le principal point d'accès des réseaux d'importations et d'exportations du Moyen Orient.

Des répercussions sociales doivent aussi se faire attendre. En octobre 2019, un mouvement populaire massif dénonçant entre autre l'impunité et la corruption de la classe politique a mené à la démission du gouvernement de Saad Hariri. 

Pour beaucoup de libanais, cet accident démontre encore une fois l'incompétence des autorités publiques. 

Que prévoit le gouvernement pour faire face à la situation ? 

Une pénurie est-elle à prévoir ? 

Quelles seront les conséquences politiques ?  

La communauté internationale mobilisée pour venir en aide au Liban 

Nous déployons au Liban un détachement de la sécurité civile et plusieurs tonnes de matériel sanitaire. Des urgentistes vont également rejoindre Beyrouth au plus vite pour renforcer les hôpitaux. La France est déjà engagée. - Tweet d'Emmanuel Macron 

La France a été un des premier pays à réagir et annoncer l'envoi d'assistance humanitaire. 

Après avoir semé le trouble en évoquant la possibilité qu'un attentat soit à l'origine de l'explosion, Donald Trump s'est aussi dit prêt à aider le Liban. 

L'Iran, le Qatar et l'Arabie Saoudite ont emboîté le pas. 

Plus étonnant encore, les autorités israéliennes - toujours officiellement en guerre avec leur voisin du nord - ont déclaré "partager la souffrance du peuple libanais"  et proposent une aide médicale aux victimes. 

Face à l'urgence de la situation, comment s'organise l'aide internationale ? 

Ce soutien suffira-t-il à palier aux dégâts matériels et humains ? 

Déjà mis à genou par une crise politique et économique historique, le Liban pourra-t-il renaître de ses cendres ? 

Les invités
  • Christian ChesnotJournaliste à France Inter, spécialiste du Moyen-Orient
  • Aurélie Daherspécialiste du Liban et du Chiisme politique
  • Karim Emile BitarDirecteur de recherche à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) et professeur à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth
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