Votée hier par les Etats de l'UE, la définition des perturbateurs endocriniens hésite encore entre soumission aux lobbys et protection des populations européennes.

Les perturbateurs endocriniens
Les perturbateurs endocriniens © Maxppp / La voix du Nord

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, s'en félicitait dès le soir du 4 juillet : le vote de la définition européenne des perturbateurs endocriniens ouvre à ses yeux "une brèche qui ne se refermera pas". Les perturbateurs endocriniens, molécules chimiques soupçonnées de provoquer de nombreux dysfonctionnements du système hormonal, ne souffraient jusqu'alors d'aucune menace légale et s'épanouissaient ainsi partout dans notre environnement (pesticides, plastiques, cosmétiques...). Le projet de la Commission Européenne, en établissant une définition claire de ces molécules, avait pour ambition de permettre qu'elles soient légalement identifiables, et dès lors, susceptibles d'être interdites.

Seulement, cette définition ne fait pas l'unanimité, les ONG affichant leur inquiétude : France Nature Environnement, _Génération_s ainsi que _la Fondation pour la Nature et l'Homm_e déplorent plusieurs termes de l'accord. Selon ces organisations françaises, la définition serait bien trop restrictive et n'empêcherait pas d'enlever du marché l'ensemble des molécules dangereuses, en même temps qu'elle ne concerne que les perturbateurs endocriniens contenus dans les pesticides, quand bien même ils sont potentiellement présents dans de nombreux autres éléments du quotidien.

Ces reproches étaient déjà ceux formulés par trois sociétés savantes, le 17 juin, dans une lettre adressée aux 28 Etats membres de l'Union Européenne. Depuis et jusqu'à l'issue du vote, le texte législatif n'a pas évolué. Le danger, pour l'Endocrine Society et de nombreux autres acteurs, est que la définition des Perturbateurs endocriniens impose un niveau de preuve trop élevé pour que la majorité des molécules "suspectes" puissent remplir les critères nécessaires à leur interdiction.

Pourquoi, alors, ne pas avoir étendu les critères de définition et permis un plus haut niveau de protection sanitaire et environnementale ? Nicolas Hulot évoquait à la suite du vote "le poids monstrueux des lobbys" et la fermeté de l'Allemagne sur les positions qui protègent son industrie (les perturbateurs endocriniens suspects y étant très largement représentés).

Ce soir, de 19h20 à 20h dans le Téléphone Sonne, intervenez et revenez avec Claire Servajean et ses invités sur ce vote et les questions qui y sont liées : A qui profitent les restrictions de la définition des perturbateurs endocriniens ? L'élargissement des critères de définition est-il souhaitable, malgré la fragilité de l'économie européenne ? Quelle place la notion de Santé Publique s'est-elle trouvée, à la suite de ce vote ?

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