Le Festival d'Avignon débute aujourd'hui. Face aux coupes budgétaires, comment financer les festivals ? Quel est le rôle des acteurs publics et privés ? Et celui des spectateurs ?

Les Vieilles Charrues, festival qui fonctionne sans subventions
Les Vieilles Charrues, festival qui fonctionne sans subventions © Maxppp / Hugo Marie

L’été est arrivé, et avec lui la saison des festivals. La France en compte des milliers, dans des genres très différents, allant des festivals cinématographiques à ceux de musiques actuelles, en passant par le festival de la bande dessinée et celui du bois de la pierre et de l’eau. Pour le plaisir des yeux et des oreilles ou pour étancher notre soif de culture, ceux qui bâtissent les spectacles abondent d’idées originales. Mais en amont de la représentation, un travail rigoureux de préparation est nécessaire. Alors, que se passe-t-il en coulisses ? A l’occasion de l’ouverture du Festival d’Avignon le 6 juillet, la plus importante manifestation de théâtre et de spectacle vivant en France, le Téléphone Sonne se penche sur la question du financement des festivals.

Le Rapport sur les festivals publié en mai 2016 par Pierre Cohen, ancien député-maire socialiste de Toulouse, constate une diminution de 6,5% des aides publiques entre 2014 et 2015. En dix ans, de 2004 à 2014, le nombre de festivals aidés est passé de 342 à 175. Les premières victimes des restrictions budgétaires sont surtout les jeunes festivals puisque 70% de ceux qui ont disparu de 2013 à 2015 avaient moins de 10 ans. Mais la baisse du budget dessert également les « gros », comme celui d’Avignon, en se soldant par une « réduction des dépenses de communication, des dépenses artistiques et une augmentation du prix des places ».

Alors que l’austérité prédit la rencontre de difficultés pour les festivals, quelles alternatives leur restent-t-il pour se financer ? Les organisateurs de festivals usent de plus en plus des plateformes de crowdfunding pour faire naître ou perpétuer leurs projets. Des campagnes de financement participatif fleurissent sur des sites tels qu’Ulule ou Kisskissbankbank. Du côté des acteurs privés, le mécénat et le sponsoring peuvent s'avérer être de bon renfort. A titre d’exemple, le Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence tire sa première ressource du mécénat.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Quels seraient les moyens de pérenniser les festivals ? Faut-il faire participer les spectateurs ? Comment aider les « petits » festivals à se légitimer ? Comment percevez-vous les aides publiques à la culture ? Le contexte économique justifie-t-il les baisses de subventions ? Le travail conjoint des acteurs publics et privés, mais aussi du public, pourrait-il être une solution ?

Invités :

Pierre Cohen - Ancien député-maire de Toulouse (PS), auteur récemment d’un rapport à ce sujet

Bénédicte Dumeige – Présidente de France Festival

Françoise Benhamou – Economiste spécialiste des politiques culturelles, auteure de « Politique Culturelle, fin de partie ou nouvelle saison ? » [La documentation française / 2015]

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