Malgré l'entrée en vigueur du droit à la déconnexion en janvier 2017, le comportement des employés pendant leurs congés n'a pas connu de grands bouleversements.

Depuis janvier 2017, la loi protège le salarié avec le droit à la déconnexion. Mais dans les faits, comment le faire appliquer dans les entreprises ?
Depuis janvier 2017, la loi protège le salarié avec le droit à la déconnexion. Mais dans les faits, comment le faire appliquer dans les entreprises ? © Getty / Muriel de Seze

Le 8 août 2016, après cinq mois de conflits électriques, la loi relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, plus connue sous le nom de "loi travail", ou encore "loi El-Khomri"est publiée. A côté des allègements du code du travail et autres modifications des accords d'entreprises figure les bases d'une réflexion sur le droit (et le devoir) à la déconnexion : ainsi, tout salarié peut et doit désormais se couper totalement de sa sphère professionnelle lorsqu'il est en repos. Finis, donc, les textos du patron le dimanche après midi. Du moins en théorie.

Premier bilan

Un sondage IFOP publié en juillet 2017 intitulé "Les cadres et l'hyper connexion" illustre les résultats plus que mitigés de ces six premiers mois. 78 % des cadres interrogés reconnaissent consulter leurs communications professionnelles alors qu'ils sont en week-end, ou en vacances; et 37 % le font même souvent. Cette tendance est presque une habitude pour les professions libérales (89 %) ou encore chez les cadres de la fonction publique (80 %).

À la question: "les nouvelles technologies contribuent-elles à améliorer la qualité de vie au travail", les sondés répondent, là encore, par l'affirmative à 64%.

Enseignements

Dans une majorité des cas, les employés veulent d'abord s'assurer que tout se déroule bien en leur absence. Le rapport de l'IFOP indique "Il est possible de l'analyser comme une difficulté à déléguer pendant leur absence, que ce soit à des personnes qu'ils encadrent ou à des collègues, le score de cette dimension étant identique selon l'exercice ou non de responsabilités d'encadrement ".

D'autres invoquent un souci d'organisation: ils sont 31 % à craindre d'être débordés à leur retour. Viennent ensuite la "volonté de ne pas manquer d'éventuelles opportunités professionnelles" (11%), et enfin le souhait d'éviter les conflits avec leur supérieur hiérarchique (5%) ou leurs collègues. (2%)

La loi suffira t'elle à modifier les habitudes d'employés qui ont souvent évolués avec l'idée d'être performants et disponibles ? Afin d'aider cette transition, certains acteurs ont déjà cherché à innover : c'est le cas, par exemple, de la start-up MOVE4IDEAS, qui a lancé un logiciel de gestion d'e-mail. Il permet, entre autres, de définir des restrictions pour les usagers.

Pour aller plus loin: Le droit à la déconnexion est encore théorique.

Dans le Téléphone Sonne, de 19h20 à 20h, posez vos questions ou réagissez sur le droit à la déconnexion en appelant le standard de l'émission au 01 45 24 7000, ou intervenez sur les réseaux sociaux #telsonne.

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