Débat autour de Claire Servajean.

Manifestation à Rennes en faveur de Théo, un jeune travailleur de 22 ans qui a dû être opéré après son arrestation le 2 février 2017
Manifestation à Rennes en faveur de Théo, un jeune travailleur de 22 ans qui a dû être opéré après son arrestation le 2 février 2017 © AFP / Martin BERTRAND

A Aulnay-sous-Bois le 2 février, quatre policiers procèdent à un contrôle d’identité. « Théo », 22 ans, n’est pas visé directement par l’interpellation, mais se trouve là, avec ses amis. La situation s’envenime rapidement. Il est victime de coups de matraque télescopique qui lui valent 60 jours d’incapacité totale de travail. Théodore affirme avoir été violé. Un policier a été mis en examen pour « viol », les trois autres pour « violences volontaires en réunion ».

Depuis une semaine, les manifestations de soutien à Théo se multiplient. A Nantes, à Rennes, à Paris, ils marchent sous la bannière « justice pour Théo ». Un slogan qui rappelle la mobilisation pour Adama Traoré, mort lors de son interpellation le 19 juillet 2016.

Si la majorité de la population se déclare satisfaite de leur relation avec les policiers, des groupes spécifiques de personnes font état d’expériences plus contrastées. Selon une enquête du Défenseur des droits, les jeunes hommes perçus comme arabes, maghrébins ou noirs ont une probabilité 20 fois plus élevée d’être contrôlés que les autres. Un quart des personnes qui disent avoir protesté lors d’un contrôle ont fini au poste.

Pour lutter contre les contrôles au faciès, Jacques Toubon, le Défenseur des droits, préconise une traçabilité accrue des contrôles. La loi Egalité et Citoyenneté, tout juste publiée au Journal Officiel, instaure une expérimentation des caméras-piétons. Elles devront être déclenchées obligatoirement lors des contrôles. La promesse de François Hollande de mettre en place le récépissé du contrôle d’identité a, quant à elle, été abandonnée.

De nombreux policiers témoignent de difficultés à travailler. A Viry-Châtillon en octobre dernier, deux policiers ont été grièvement blessés après avoir été pris pour cible dans leur véhicule. Sept jeunes ont été mis en examen pour tentatives de meurtres cette semaine. Cette agression est à l’origine de la fronde des policiers. Ils ont manifesté à plusieurs reprises cet automne pour demander, entre autres, une extension des conditions de la légitime défense. Leur requête a été entendue : un projet de loi a été adopté en première lecture. Dans un contexte où les esprits sont encore fortement marqués par les attentats et où le discours politique est empreint de la course à la présidentielle, peu de voix se sont aventurées à critiquer le texte.

Qu’est devenue la police de proximité ? Faut-il mettre en place le récépissé ? Quelle formation pour ceux qu’on envoie sur le terrain ? Faut-il une police à l’image des quartiers ? Comment maintenir l’ordre dans les cités ? Comment réconcilier les forces de l’ordre avec les citoyens en général, et les habitants des cités en particulier ?

Vos questions et réactions dès 18h au 01 45 24 70 00 et dès maintenant sur le site de l'émission et les réseaux sociaux, Facebook et Twitter, #telsonne

Les invités
L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.