Vendredi après-midi, un article publié par Libération raconte qu'un groupe Facebook, la "Ligue du Lol", aurait harcelé des féministes sur les réseaux sociaux au début des années 2010. Parmi eux, deux journalistes mis à pied par ce même journal.

Quand le bobo connecté est un beauf comme les autres
Quand le bobo connecté est un beauf comme les autres © Getty / Alexander Spatari

Est-ce que c'est pas une histoire vieille comme le monde, banale et tragiquement beauf ? Est-ce que ça mériterait même qu'on en parle, si ces comportements n'avaient eu des conséquences graves, des carrières brisées ou stoppées, des ambitions remisées ?

Cette affaire de Ligue du lol, elle nous renvoie à ce qu'on avait déjà perçu. Apres Me Too, et qu'on avait commencé à verbaliser. Elle nous renvoie à ce bon vieux mythe de la virilité, cette tarte à la crème qui consiste à dire que les hommes sont en crise, parce que la domination et le contrôle auquel ils avaient l'habitude sont mis à mal par des femmes qui grignotent les espaces autrefois bien calés dans des genres pré-définis.

En même temps qu'on le dit, on se demande comment c'est possible aujourd’hui encore. Mais regardez comme la journée s’emballe, les rédactions affolées d'avoir dénoncé des pratiques de harcèlement, courantes chez elles, mettent à pied à tour de bras. Il y a quelques jours à peine, Gillette, aux États-Unis, fait une pub qui veut faire changer le comportement des hommes, et voilà qu'on appelle à boycotter les rasoirs.

On a bien compris désormais les ressorts de ces épisodes tragiquement beaufs. On chasse en meute, et le terrain de jeu... c'est le web.

Posez vos questions à nos invités : 

Raphaël Liogier, sociologue et philosophe, professeur des universités à l'Institut d'études politique d'Aix-en-Provence auteur de : Descente au cœur du mâle

Laure Salmona, co-fondatrice du collectif Féministes contre le cyber-harcèlement

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