Le « Téléphone Sonne » reçoit Hubert Reeves, astrophysicien et écologiste. L'occasion de poser toutes vos questions sur le cosmos et le système solaire - mais aussi et surtout au sujet de notre planète, son avenir, sa biodiversité.

Hubert Reeves au salon du livre de Paris - dédicaces sonores
Hubert Reeves au salon du livre de Paris - dédicaces sonores © Radio France / Catherine Grain

Des années durant, nous avons connu Hubert Reeves comme une figure scientifique, un passeur de savoir rendant accessible à tous la connaissance de l'univers, et des lois qui le régissent. 

Depuis, habité par le « démon de la connaissance » comme il l'écrit lui-même, il s'est engagé avec passion pour la cause écologiste. Aujourd'hui, le célèbre astrophysicien se consacre donc à un combat propre à la planète qui est sous nos pieds - preuve que de l'infiniment grand à l'infiniment petit, il n'y a qu'un pas. 

Une lutte pour sauvegarder la biodiversité, pour ralentir le processus destructeur dans lequel l'humanité s'est engagée. Une façon pour lui de rétablir l'équilibre entre l'univers, la nature et les hommes.  Et il n'a rien perdu de son optimisme, ni de sa sérénité : Hubert Reeves parle des façons d'inverser la tendance, de sortir de l'engrenage. C'est à ce titre qu'il est président d'honneur de l'association Humanité et Biodiversité, et de l’Agence française pour la Biodiversité.

Anti-nucléaire

Un auditeur appelle Le Téléphone Sonne pour revenir sur l'engagement anti-nucléaire d'Hubert Reeves tout en posant la question épineuse des connivences : "je voulais savoir quelles sont les perspectives que vous envisagez en matière de production d’énergies propres et énergies solaires et lunaires, parait-il. Mais en ce qui concerne globalement la recherche scientifique, est-ce qu’on n’a pas l’impression que le public n’est pas assez informé sur les interactions vénéneuses qui existent qui sont un frein au développement à la recherche sur l’énergie nouvelle ?"

A cette question, Hubert Reeves répond d'abord énergie solaire : "la façon la plus raisonnable [de chauffer tout le monde] serait le solaire, mais pour l’instant, on n’a pas la capacité de capturer suffisamment d’énergie solaire pour tout le monde"

Tout le monde veut avoir de l’eau chaude dans sa baignoire le matin. Cela se paye.

Hubert Reeves adopte une attitude radicale face au nucléaire, "il faut s’en débarrasser le plus vite possible", tout en étant bien conscient des problèmes que cela pourrait engendrer : "mais ça ne veut pas dire demain, car si aujourd’hui on arrêtait les réacteurs nucléaires, il y aurait que de l’eau froide dans les baignoires".

Le problème, pour le scientifique, "c’est que l’on disait que nous allions trouver une solution pour s’en débarrasser, mais on ne l’a toujours pas trouvé. Il y a eu aussi Tchernobyl et Fukushima, et ça aussi, ce sont des avertissements que le nucléaire ce n’est pas pour les humains, c’est une technique pour les anges. Pour les gens parfaits. Les humains sont facilement brouillons…"

Je pense que le problème du nucléaire, c’est que c’est la fin de la pauvreté, l’énergie gratuite.

La collapsologie

Un auditeur s'interroge également sur les croyances d'Hubert Reeves quant à l'avenir de l'humanité : "Si l'on doit subir dans un futur plus ou moins proche un quelconque effondrement qui soit d’ordre climatique ou économique, est-ce que nous disposons des outils à l’heure d’aujourd’hui pour passer outre ?" 

Personne ne connait l'avenir. Les gens qui disent que l’on va vers une catastrophe prétendent connaitre l’avenir.

Face à cette question, Hubert Reeves répond et constate autant les efforts faits que les détériorations de l'environnement autour de nous : "Il y a en ce moment un double mouvement : un, de détérioration de la planète, on augmente la quantité de gaz carbonique que l’on émet, mais en même temps, il y a un très fort développement de restauration de la planète"

Stephen Hawking

"Stephen Hawking avait écrit avant sa mort que l’humanité avait 600 ans pour quitter la Terre. Je vous entends optimiste, je le suis un peu moins que vous. Quelle est votre opinion dessus ? Vous êtes d’accord avec lui ?", demande un auditeur. Hubert Reeves répond : "Non, pas du tout. C’est utopique car les autres planètes sont loin, on en a pour 60 000 ans pour les rejoindre. Mais le plus important, c’est qu’imaginons que nous puissions nous établir sur une planète. Si on n’a pas amélioré notre comportement, on va faire la même chose". Mais il pointe du doigt la "puissance" de l'être humain face à la catastrophe.

Changer de planète pose question, et face à cela les auditeurs se demandent alors ce qu'est une galaxie massive ? Elles sont "éclectiques et ressemblent à de gros nuages. Il y en a qui n'ont pas de forme, qui sont anormales."

L’important est que nous apprenions à vivre avec notre puissance, et le problème, c’est que nous sommes extrêmement puissants...

► Toutes vos questions et vos témoignages au standard de France Inter - 0145247000 - et par mail à l'adresse telsonne@radiofrance.com

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