Tandis que la grogne ne cesse de monter chez les livreurs de Deliveroo, la plateforme britannique de livraison de repas à domicile, dénonçant la baisse de leur salaire, Le téléphone sonne braque le guidon vers ces travailleurs de la nouvelle économie.

Cycliste travaillant pour la plateforme de livraison Deliveroo
Cycliste travaillant pour la plateforme de livraison Deliveroo © AFP / Gérard Julien

Un mois que la plateforme britannique de livraison de repas à domicile a annoncé baisser les tarifs des courses les plus courtes et augmenter ceux des plus longues ; une décision que les livreurs Deliveroo ont du mal à digérer. Et après une semaine de mobilisation, ces coursiers à vélo ne comptent pas freiner le mouvement.

Leur objectif : continuer les protestations pour obtenir de meilleures conditions de travail, alors même qu’ils ne disposent toujours pas de statut clair au regard de la loi. D’autant plus que les livreurs restent dépendants économiquement de leurs employeurs, les plateformes, celles-ci étant les seules à fixer les conditions d’exercice de leurs courses, de la tenue vestimentaire aux prix pratiqués.

Considérée comme de l’exploitation pour certains, un moyen de travailler plus librement pour d’autres, la profession de livreur Deliveroo rassemble toutefois sur un point : le nouvel ajustement tarifaire décidé par la plateforme fera chuter tous les salaires.

Si les relations entre les plateformes et leurs employés ne sont pas au beau fixe, il en va de même entre les sociétés de repas à domicile. Et pas qu’en France. Exemple récent : la fusion de la britannique Just Eat et de la néerlandaise Takeaway.com pour peser face Deliveroo et Uber Eats, preuve d’un contexte d’ultra concurrence faisant loi dans le monde de la livraison à domicile. 

Toujours est-il que derrière les manœuvres de ces grands entrepreneurs, il y a leurs livreurs. Entre rémunération en baisse, absence de statut, diktat des algorithmes qui sanctionnent le moindre écart, les coursiers en ont marre. Et prennent des risques de sanction en manifestant leur colère et en exigeant d’être consultés lorsque les plateformes prennent des décisions unilatérales.

Quelles solutions pour les livreurs à vélo, et les auto-entrepreneurs en général ?

Que signifie d’ailleurs ce statut en termes de droit et de sécurité sociale ? Quels avantages et inconvénients pour ceux qui en bénéficient ?

Quel régime juridique pour ces travailleurs atypiques ? 

Pourquoi ne pas créer un statut à mi-chemin entre le salariat et l’indépendance, comme c’est le cas en Espagne ? Pour le moment en France, l’exécutif joue la carte de la charte facultative et unilatérale introduisant, droit à la formation, droit à refuser une course ou encore octroi d’une complémentaire santé.

Mais est-ce suffisant ?

Nos invités 

Jérôme Pimot, Coursier et co-fondateur du Collectif des Livreurs Autonomes Parisiens.

Pascal Lokiec, Professeur de droit à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne, président de l'Association Française de Droit du Travail et de la sécurité sociale (AFDT).

Gilles Babinet, Entrepreneur et vice-Président du Conseil National du Numérique (CCNum).

Les invités
  • Jérôme PimotCoursier et co-fondateur du Collectif des Livreurs Autonomes Parisiens.
  • Pascal LokiecProfesseur de droit social à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne, président de l'Association Française de Droit du Travail et de la sécurité sociale (AFDT)
  • Gilles BabinetEntrepreneur et vice-président du Conseil National du Numérique (CNNum)
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