Et si aujourd'hui nous étions en pleine révolution du couple ? On ne s'oblige plus à rester ensemble pour le meilleur et pour le pire. 8% des couples font chambre à part et tiennent à conserver leur indépendance, ce qui n'empêche pas de s'aimer. En France, 1,2 million de couples ne partagent pas le même toit (INED).

La révolution du couple a-t-elle sonné ?
La révolution du couple a-t-elle sonné ? © Getty / Westend61

Il y a 50 ans, puisque l'année 68 est de toutes les comparaisons ces derniers temps, on parlait de révolution sexuelle. 

La révolution du couple a-t-elle sonné ?

Car depuis la génération de nos parents, et depuis la révolution de la génération suivante, le couple a changé du tout au tout. Ce qui suit ne vous étonnera pas : on couche ensemble plus tôt mais on se met en couple bien plus tard ; on se marie encore plus tard (quand on se marie d'ailleurs !), on fait des enfants bien après, et surtout, on ne s'oblige plus à rester ensemble ; on divorce, on recommence, on compose et on recompose.

On invente aussi : saviez vous, que le stashing était de plus en plus tendance ? Être en couple mais sans le dire, ni à vos parents, ni étalé sur les réseaux sociaux, comme ça vous avez une paix royale. 

Faire chambre à part concerne aussi presque 8% des couples pour pouvoir regarder tranquillement Game of Thrones et mieux se retrouver après. Et on peut pousser le concept jusqu'à "appart à part", les couples non-cohabitants, comme disent les sociologues. Ce qui n'empêche pas de s'aimer. Regardez Sartre et Beauvoir ; Morgan et Oury ; Hardy et Dutronc.

Et que dire de ce que vous voyez chez vos enfants, les applications, les Tinders et autres : peut-être que finalement il est là le lien avec la révolution de 68 : sexualité et couple sont dissociés et dédramatisés.

Extraits de l'émission

Pour Philippe Brenot, deux phénomènes expliquent ce changement de société auquel nous assistons

  • la culture de l'individualisme. On a envie de ne céder et de ne renoncer à rien. On veut à la fois garder ce schéma idyllique de la famille tel qu'on l'a en tête et aussi, malgré tout, ne pas renoncer à vivre en tant qu'homme / femme et avoir des histoires d'amour.
  • le poids de la culpabilité. Renoncer à la famille au nom de l'amour était dans les années 1970  un projet qui générait énormément de culpabilité pour les parents. Pas si facile à gérer.

Fabienne Kraemer :

Le couple n'est pas si naturel que ça et nécessite d'être appris.

Philippe Brenot complète  : "Je ne crois pas que le couple puisse se faire uniquement à coup de compromis. Au fil du temps, on a l'impression que cette comptabilité est toujours déficitaire pour soi. La formule "On est fait l'un pour l'autre", je n'y crois pas, mais on est fait l'un par l'autre : oui. "J'accepte beaucoup de choses de toi, parce que c'est toi".

Au fur et à mesure que la durée de vie a augmenté, la durée du couple s'est réduit et les exigences notamment sexuelles ont augmenté. De nouvelles formes de relation amoureuse apparaissent (ex : le polyamour) pour tenter de résoudre cette équation angoissante : comment maintenir le désir toute la vie ?

 La psychanalyste Fabienne Kraemer note : "Il n'est pas simple de s'entendre à deux ; ce ne sera pas forcément plus simple de s'entendre à plus que deux..."

Elle dit aussi : 

"Faire couple", s'engager dans une histoire amoureuse, c'est s'engager. C'est une aventure merveilleuse mais risquée. On est devenu assez timoré sur ce plan-là. L'amour nécessite du courage.

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