Bien manger, faire du sport, du yoga, se lever tôt et méditer pour être positif toute la journée. Quand les injonctions au bien être deviennent une tyrannie, elles peuvent être contre productives. Peut-on être heureux sans faire de sport ? A t-on encore le droit de manger au fast-food sans se cacher ?

Manger sain, avoir une activité physique quotidienne, favoriser les pensées positives font partie des injonctions du bien-être
Manger sain, avoir une activité physique quotidienne, favoriser les pensées positives font partie des injonctions du bien-être © AFP / Elliott VERDIER

Une fois n'est pas coutume, je vais vous raconter ma journée. Le matin, je me lève sur les coups de 6 h et je cours au moins 30 minutes. J'aime bien méditer un peu, en faisant mes étirement après la course. Sinon j'ai un gel douche, sans paraben bien sur. À midi, je compte mes calories grâce à une application hyper bien faite, ça m'aide à manger sain.  Le soir deux fois par semaine je fais un peu de yoga. La piscine j'aime bien, mais il y a le problème du chlore. Toute cette hygiène de vie est indispensable, elle m'aide à rester optimiste et sourire à la vie, à rester aussi compétitive dans mon travail. Le bien être c'est très important.

Ceux qui me connaissent doivent déjà avoir composé le numéro de SOS médecin. Je caricature, évidemment, les "madame parfaite" des magazines, (qui en plus ont des enfants qui mangent bio et un anti-ride naturel au quinoa), mais pour redevenir sérieux, le bien être est devenu dans nos sociétés une obsession, voire une tyrannie.  Evidemment, il faut manger sain et faire du sport, ne pas fumer, ne pas boire avec excès et se coucher tôt. On le met d'ailleurs dans toutes nos résolutions de début d'année.  Mais évidemment, il faut aussi y prendre du plaisir, et parfois ce n'est pas dans le mode d'emploi.

Le bien être devient un impératif moral. Si on coche toutes les cases du bien être, qu'on nous sert dans les pubs et ailleurs, alors on est forcément quelqu'un de bien ! Sinon on nous fait culpabiliser,  le bien être oublie le bonheur, et à la place nous voilà cernés d'injonctions. Pour les plus fragiles d'entre nous, ça se termine en troubles de comportement, alimentaire souvent, ou vers la dépression parfois.

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Benoît Heilbrunn, philosophe et professeur de marketing à l’école de commerce ESCP de Paris. Auteur de L’obsession du bien-être (Robert Laffont, à paraître le 14 février)

Irène Margaritis, chef de l'évaluation sur la nutrition et les risques nutritionnels à l’ANSES

Nicolas Sahuc, (par téléphone) Diététicien libéral et attaché au CHU Lapeyronie de Montpellier. Master 2 en philosophie pratique mention éthique médicale et hospitalière, spécialisé dans les troubles alimentaires et l'obésité

Les invités
  • Benoît HeilbrunnPhilosophe, professeur de marketing à l’école de commerce ESCP de Paris Auteur de L’obsession du bien-être (Robert Laffont, à paraître le 14 février)
  • Irène MargaritisChef de l'évaluation sur la nutrition et les risques nutritionnels à l’ANSES
  • Nicolas SahucDiététicien libéral et attaché au CHU Lapeyronie de Montpellier. Master 2 en philosophie pratique mention éthique médicale et hospitalière, spécialisé dans les troubles alimentaires et l'obésité
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