À Paris, bientôt plus de lions ou d’otaries dans les cirques ? À l’approche des municipales, un texte est à l’étude au conseil de la ville pour condamner ces pratiques. Il fait écho à une préoccupation grandissante parmi les Français, celle du bien-être animal.

L'animal est-il politique ? Photo prise lors du 36e Festival International du Cirque de Monte-Carlo
L'animal est-il politique ? Photo prise lors du 36e Festival International du Cirque de Monte-Carlo © Getty / Stephane Cardinale - Corbis / Contributeur

« Ils ne sont pas des jouets ». C’est ainsi que les associations de défense des animaux parlent des bêtes, celles que l’on voit dans l’enceinte des corridas, dans l’arène des cirques ou dans les abattoirs. Car pour les animalistes, il y a la problématique, aussi, de la consommation de viande, des conditions de traitement dans les élevages intensifs. Avec l’idée que les animaux sont des êtres doués de conscience et de sensibilité, qu’il ne faut pas les faire souffrir inutilement.

Un avis qui serait partagé par de plus en plus de Français : 65% d’entre eux estimeraient qu’il faut cesser de mettre en scène des animaux sauvages dans les spectacles de cirque. Une autre étude, menée par l’Ifop de février dernier, montrait que pour 92% des Français, le bien-être animal était important. Sont-ils pour autant prêts à renoncer à une alimentation carnée ? 

Les droits des animaux ont donc investi le débat public. Un succès qui se traduit aussi sur la scène politique. A l’occasion des élections européennes, près de 500 000 Français ont accordé leur voix au Parti Animaliste. Suite à ce score inattendu, ce dernier prévoit de présenter une liste indépendante aux municipales de 2020. 

Et les politiques de tous bords s’en saisissent, mettent en avant leur rapport aux animaux : Yannick Jadot enfermé dans une cage pour alerter sur la condition animale, Marine le Pen qui clame son amour des chats…

Face à un enjeu qui suscite de plus en plus d’intérêt, les pouvoirs publics se sont saisis de la problématique. Parmi les propositions que le Ministre de l’Agriculture Didier Guillaume devrait présenter dans les prochains jours, il y aura l’interdiction du broyage des poussins mâles et de la castration à vif des porcelets dans les élevages industriels. Ira-t-on jusqu’à interdire aux cavaliers de monter à cheval, comme le suggèrent certains courants animalistes ? 

Comment l’animal est-il devenu politique ? Est-ce une question d’éthique ? Peut-on continuer à consommer de la viande tout en respectant les animaux ?

Faut-il revoir nos modes de vie et d’alimentation, notre rapport aux animaux ? Se dirige-t-on vers l’émergence d’un droit spécifique pour eux ? 

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