C'est un fait sans précédent en France. Suite à la diffusion de vidéos intimes lui appartenant supposément, Benjamin Griveaux (LREM) a annoncé, ce matin, le retrait de sa candidature à la mairie de Paris. Qu'est-ce que ce scandale nous apprend des transformations des règles du jeu politique français ?

Benjamin Griveaux, candidat LREM à l'élection du maire de Paris 2020, a annoncé son retrait de la campagne municipale
Benjamin Griveaux, candidat LREM à l'élection du maire de Paris 2020, a annoncé son retrait de la campagne municipale © AFP / LIONEL BONAVENTURE

On apprenait, ce matin, que Benjamin Griveaux, ex-porte-parole du gouvernement et candidat investi par la République en Marche à Paris, renonçait à se présenter. Cela fait suite à la publication sur Internet de vidéos à caractère sexuel qui lui sont attribuées. Un activiste russe, Piotr Pavlenski, a revendiqué être à l’origine de cette fuite, pour dénoncer l’ « hypocrisie » d’un candidat qui défendait les valeurs familiales. 

Certes, la campagne de Benjamin Griveaux avait de toute façon été émaillée d’échecs : il n’était crédité que de 15% d’intentions de vote, derrière Anne Hidalgo (PS) et Rachida Dati (LR). Mais ces dernières révélations ont porté le coup de grâce à sa candidature. 

Suite à l’annonce de son retrait ce matin à 9 heures, la sphère politique a unanimement condamné les méthodes qui ont poussé Benjamin Griveaux à cette décision. Des personnalités de tous bords, depuis les rangs de la majorité jusqu’à ses adversaires, dont Cédric Villani, ont fait part de leur indignation et de leur soutien.

L’événement interroge, bien sûr, sur les suites de la campagne des municipales à Paris. Mais au fond, ce renoncement pose avant tout la question de la nature de notre système politique, à l’ère des réseaux sociaux. 

Certains chercheurs dénoncent ainsi l’américanisation d’un monde politique où l’intime est de plus en plus dévoilé publiquement – et où la vie privée des personnages publics devient monnaie d’échange, source d’intimidation ou de scandale…

Assiste-t-on à une people-isation de la sphère politique ? En quoi cela affecte-t-il les campagnes politiques ? 

Qu’est-ce que les réseaux sociaux et la communication constante ont changé au politique ? 

Peut-on imaginer de nouvelles occurrences de ce type de pratiques ? Cette affaire créé-t-elle un précédent ? Comment lutter contre cela ? 

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Avec nous pour en parler

Edouard Lecerf - Directeur général adjoint de l'Institut de sondages BVA

François Jost - Professeur émérite en sciences de l'information et de la communication à la Sorbonne Nouvelle-Paris 3. Auteur de La méchanceté en actes à l’ère numérique (2018).

Thomas Snegaroff - Historien, journaliste, spécialiste des Etats-Unis 

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