Jeudi noir pour l’hôpital public. Les soignants manifestent, aujourd’hui, pour la mise en place d’un plan d’urgence. Pour la première fois, tous les métiers du corps médical et paramédical se rejoignent pour tirer la sonnette d’alarme face à un système défaillant et un quotidien qu’ils disent intenable.

Les hôpitaux dans la rue
Les hôpitaux dans la rue © Getty / ER Productions Limited

« Nous vous alertons car ce système s’écroule, et nous ne sommes plus en mesure d’assurer nos missions dans de bonnes conditions ».

Ce sont les mots des directeurs des départements médico-universitaires des Hôpitaux de Paris, dans une tribune publiée par Le Monde hier. Ils disent la colère et le désarroi de nos soignants, face à un système qui provoque surcharge de travail, épuisement, où les salaires ne seraient pas à la hauteur des missions confiées. Et au bout de la chaîne, ils admettent une dégradation de la prise en charge des patients.

Alors une partie du personnel quitte le navire qui coule, vers le privé ou l’étranger. Et l’hôpital public devenu peu attractif se trouve en carence pour certains postes, y compris les paramédicaux. Au point qu’à l’hôpital de Mulhouse, les urgences menacent de fermer, faute de médecins – alors que l’on connaît les difficultés des établissements de santé hors de la région parisienne.

Les soignants demandent donc des créations de postes, une hausse immédiate des salaires et la fin des fermetures de lits.

Ces revendications ne datent pas d’aujourd’hui. Ce qui est nouveau, cette fois, c’est la dimension collective de la protestation. L’ensemble du personnel soignant est mobilisé, des médecins aux aides-soignants en passant par les sages-femmes, des doyens universitaires aux étudiants. C’est dire l’ampleur de la contestation, de la remise en cause du fonctionnement de l’hôpital.

Lors d’une intervention cet après-midi, le président Macron a promis un plan d’urgence qui devrait être dévoilé mercredi prochain, prévoyant notamment une hausse du budget alloué à l’hôpital public, admettant une situation « plus grave que ce qu’on avait analysé ».  

Mais l’augmentation des moyens est-elle la réponse à la crise de l’hôpital ? Quelles mesures faut-il adopter pour un système de santé qui fonctionne ? Comment répondre au malaise des soignants ?

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