Le mardi 1er septembre, des millions d'élèves reprendront les chemins de l'école tandis que les étudiants du supérieur reviendront en cours après plus de 6 mois d'absence à partir de mi-septembre. La rentrée 2020 rimera avec protocole sanitaire, quelles dispositions sont prévues pour éviter la propagation du virus ?

Bientôt la rentrée : quelles dispositions sont prévues pour éviter la propagation du virus ?
Bientôt la rentrée : quelles dispositions sont prévues pour éviter la propagation du virus ? © Getty / Westend61

Après une fin d'année bouleversée par l'épidémie, le ministère de l'enseignement a souhaité miser pour la rentrée sur un protocole allégé et souhaite privilégier le présentiel au maximum.

Le respect des consignes sanitaires reste tout de même le maître mot, la menace Covid-19 pesant toujours telle une épée de Damoclès sur les établissements qui devront accueillir des centaines -voir des milliers - de jeunes dans des circonstances très particulières. 

Distanciation physique, application des gestes barrières, limitation du brassage des élèves ou encore nettoyage des locaux sont les principales mesures préconisées dans le guide relatif au fonctionnement des écoles et établissements scolaires dans le contexte Covid mis en ligne par le ministère.

Du côté des universités, tous les scénarios sont envisagés. En cas d'une reprise du virus, la mise en place de cours à distance a été préparée en amont par la grande majorité des professeurs.

  • Comment préparez-vous votre rentrée ou celle de vos enfants ? 
  • Les protocoles mis en place vous semblent-ils cohérents ? 
  • La rentrée 2020 pourra-t-elle se dérouler sans encombre ? 

Extraits de l'émission

Le protocole actuellement en place pour la rentrée peut-il encore changer ?

Didier Pelletier affirme que les recommandations du Haut Conseil de la santé publique naviguent toujours actuellement avec les mêmes grands principes par rapport à la fin juin où le protocole avait été assoupli. Mais à l'époque, dit-il "la circulation du virus était en phase descendante. Aujourd'hui, la circulation du virus en France a changé. Nous avons été saisis par la Direction générale de la santé. 

Le Haut conseil travaille actuellement sur un ajustement tant le protocole émis en début d'été ne connaissait pas la situation de circulation du virus actuelle, qui est assez inquiétante

Tous les indicateurs sont relativement au rouge et la deuxième vague semble maintenant probable. Le travail actuel que l'on mène sur l'enseignement supérieur, et qui devrait s'ensuivre sur le milieu scolaire, c'est de dire combien la situation est inquiétante, qu'une deuxième vague est envisageable, avec des regroupements plus importants à la rentrée". 

Simplement complémentaire au printemps, le masque va devenir une mesure phare à condition que celui-ci aille de pair, et de manière systématique avec la distanciation physique. C'est ce que souligne Didier Pelletier, "sans quoi la protection face au virus serait dérisoire. Les deux mesures doivent donc se combiner".

Accentuer les mesures sur le port de masque en oubliant la distance physique, ça n'est désormais plus concevable étant donné la situation épidémiologique actuelle

Si la situation sanitaire empire d'ici là, Philippe Vincent ajoute quant à lui que les personnels enseignants seraient prêts à appliquer de nouvelles consignes dans l'urgence : "On a beaucoup appliqué de protocoles différents et de consignes variables entre mars et début juillet, nous serons prêts à affronter des situations qui, sans doute, seront à nouveau différentes début septembre. [...] De plus, depuis le printemps, les établissements se sont prémunis et ont aujourd'hui les équipements. Du point de vue matériel, les établissements seront prêts parce qu'ils ont tiré les leçons de l'épisode précédent".

Les moyens d'action de l'Université avec le protocole actuel 

Olivier Laboux énumère les différents scénarios que l'université serait prête à appliquer : "Si les conditions le permettent, il faut commencer le plus possible en présentiel et être prêts à passer sur un mode d'instruction en distanciel en anticipant en fonction des différentes hypothèses. Les cours seraient à la fois dispensés en amphithéâtre avec les règles de distanciation physique puis par voie numérique avec une partie interactive en distanciel". 

Le vice-président de la Conférence des présidents d’université rappelle les trois grandes hypothèses qui seraient susceptibles d'être préconisées :

  • Le présentiel avec les conditions sanitaires requises
  • Des formations hybrides (mêlant distance et présence en tout petit comité) 
  • Une formation à distance dans le cadre d'un confinement total comme on l'a connu

Il faut maintenant faire en sorte d'imaginer un cursus qui puisse épouser la disparité des étudiants, la fracture numérique des étudiants, la disparité des situations, la disparité des conditions sanitaires anticipées, et préconiser une certaine souplesse. À savoir aussi que les bibliothèques universitaires vont être à nouveau ouvertes, certes, avec le port du masque obligatoire, mais avec le Wi-Fi. Cela va, contrairement au printemps, permettre à certains étudiants d'avoir accès à ces cours".

L'accueil scolaire des plus petits avec le protocole actuel

Didier Pelletier rappelle que les modalités du protocole actuellement prennent en compte le fait que le masque n'est plus obligatoire pour les enseignants de maternelle en salle de classe et que les enfants de moins de 11 ans peuvent ne pas porter de masques. Pour plus de sécurité, l'enseignant peut aussi adapter ses moyens de communication avec ses élèves : "Pour les plus petits, et en partenariat avec la Société française de pédiatrie, le port de masques pour les tout petits enfants n'est pas recommandé. La Direction générale de la santé l'a redit à plusieurs reprises, l'âge de 11 ans est charnière à partir duquel on peut recommander le port d'un masque pour un enfant.

Des études françaises ont montré que lorsqu'on prend des enfants d'une moyenne d'âge 5-6 ans, très peu sont positifs lorsqu'on fait du dépistage systématique. Les enfants ont très vite acquis une immunité confirmée par de nombreux test sérologiques. La fréquence de la maladie est faible et ils sont peu contagieux. 

Pour les plus petits qui ne peuvent pas porter de masque, un enseignant peut, peut-être, positionner son bureau à distance des tables des enfants, ou bien positionner aussi un plexiglas sur son bureau. C'est surtout lorsqu'un enfant aura besoin d'une attention particulière, d'un contact avec l'enseignant, que l'enseignant pourra porter un masque, comme dans les espaces communs, lorsqu'il sera en salle des enseignants notamment". 

Le port du masque pour un enseignant sera ajusté en conséquence. Pour les tous petits enfants, toutefois, il n'est pas recommandé. Il ne l'est qu'à partir de la sixième

Didier Pelletier précise que c'est véritablement sur le terrain que tout se passe : "il faudra que les établissements, avec l'aide du ministère de l'Éducation, organise la meilleure façon de réguler les flux de personnes pour éviter les risques de transmission".

La suite à écouter…

Toutes vos questions sur la rentrée au 014524700, par mail ou sur l'application "réagir" de France Inter.

Les invités
  • Philippe VincentProviseur du lycée Jean Perrin à Aix-en-Provence et président du SNPDEN, syndicat des chefs d’établissements
  • Didier Lepelletierchef du Service de Bactériologie - Hygiène Hospitalière au CHU Nantes et co-président du groupe de travail permanent Covid-19 au Haut conseil de la santé publique.
  • Olivier LabouxAncien président de l’université de Nantes et vice-président de la Conférence des présidents d’université
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