Avec l’adoption d’une nouvelle loi de sécurité nationale particulièrement liberticide envers Hong Kong le 30 juin dernier, le régime de Pékin vient ébranler l’autonomie de cette ancienne colonie britannique. Celle-ci est censée lui être garantie jusqu’en 2047.

Hong-Kong : la fin de l’exception ?
Hong-Kong : la fin de l’exception ? © Getty / May James

Hong Kong détient depuis sa restitution à la Chine par le Royaume-Uni en 1997 un statut spécial de province autonome.

La déclaration sino-britannique signée en 1984 par Margaret Thatcher et Zhao Ziyang prévoit en effet la rétrocession du territoire, mais selon le principe “un pays, deux systèmes”. 

Hong Kong peut ainsi conserver son système capitaliste et procéder à des échanges indépendant du gouvernement. Son fonctionnement judiciaire, exécutif et législatif lui est propre et suit le modèle d’un État de droit. 

Enfin, le respect des droits fondamentaux des Hongkongais est en théorie garanti par le traité : liberté d’expression, droit de grève, indépendance de la justice ... 

La récente loi de sécurité nationale imposée par Pékin vient briser ce système et par là même les engagements chinois envers le traité. 

L’article 23 de la Basic Law - qui sert de mini-constitution à Hong Kong- dispose en effet que le pouvoir central ne peut intervenir sur la législation de la province en matière de sécurité. 

Officiellement, cette loi entend réprimer les crimes de “sécession, subversion, terrorisme et collusion avec des puissances étrangères”.

Dans les faits, le simple fait de manifester ou de se montrer favorable à l’indépendance de Hong Kong peut entraîner une peine de prison, souvent à vie. 

Le sens même de cette loi, c’est que le modèle ‘un pays, deux systèmes’ soit aboli - Jean Philippe Beja (directeur de recherche au CERI)

L’objectif sous-jacent serait une reprise en main radicale de Hong Kong par l’oppression. Le musellement de toute tentative de protestation achève de renforcer la position du gouvernement chinois.

Face à cette menace, la communauté internationale tente de faire pression sur le président Xi Jinping. 

Au conseil des droits de l’homme de l’ONU, vingt-sept pays ont réclamé un nouvel examen de cette loi. 

Doit-on craindre la débâcle du modèle autonome de Hong Kong ?

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