C’est un sujet tabou. A l'occasion d'Octobre Rose, le « Téléphone Sonne » s'intéresse à la vie amoureuse après un cancer du sein. Une question souvent traitée comme un problème secondaire, superflu au regard de la maladie. Or pour ces patientes, reprendre les droits sur leur sexualité peut faire partie de la guérison.

L'amour après la chimio
L'amour après la chimio © Getty / FatCamera

En France, 50 000 femmes sont atteintes d’un cancer du sein chaque année, dont plus d’un tiers nécessite une mastectomie. Parmi elles, on estime que 40% éprouvent, au moment de leur rémission, des difficultés dans leur vie amoureuse et sexuelle.

Bien sûr, la maladie s’attaque d’abord au corps. Déjà parce que les traitements, dont la chimiothérapie, peuvent être lourds en effets secondaires – fatigue, sécheresse des muqueuses, baisse de désir, poitrine douloureuse. 

Mais c’est aussi le mental qui est en jeu, et avec lui, la perception de la sexualité. Face aux changements physiques et psychiques, il y a la peur de ne plus plaire, de ne plus être désirable, voire de perdre l’autre. Difficile d’accepter la transformation, voire l’ablation d’une partie du corps aussi symbolique et érotisée que le sein.

Face à ces inquiétudes, des solutions existent. Pourtant, beaucoup de femmes n’osent pas aborder le sujet avec leur médecin. Par pudeur, par peur qu’on relègue leur sexualité au second plan, que cet aspect de la souffrance soit minimisé. Car pendant un temps, on est tourné vers la guérison, la survie. Et le corps médical n’est pas forcément formé à aborder de lui-même ces questions, n’en a pas toujours le temps, même si les choses progressent.

Mais s’intéresser au désir peut être libérateur pour les malades, devenir un pas vers la guérison. 

Comment vivre sa sexualité et sa vie de couple après un cancer ? Comment se sentir désirable en dépit des peurs, des cicatrices ? Comment ré-apprivoiser son corps quand il a changé ? 

Les invités
  • Marc EspiéDocteur en cancérologie au Centre des maladies du sein de l’Hôpital Saint-Louis, Paris
  • Catherine Adler-TalOnco-psychologue, sexologue et vice-présidente de l'association Étincelle
L'équipe
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