Podcasts, ouvrages, salons dédiés... Le commerce du développement personnel est florissant. Et vous promet le bien-être absolu en quelques séances. Mais à quel prix ?

Développement personnel : une imposture ?
Développement personnel : une imposture ? © Getty / Gary Waters

L'engouement pour le développement personnel ne se dément pas : l'industrie génère 11 milliards de dollars par an en moyenne. En France, cela représentait 32% du marché du livre en 2018. Le bien-être semble donc être un business qui se porte bien.

Car la croissance du marché du bien-être répond à un besoin grandissant, dans nos sociétés, de trouver l'équilibre et le bonheur. Organiser sa vie à l'aide de mantras, de rituels sains et de systèmes de rangement devient alors nécessaire... Au point de devenir un refuge pour certains "accros".

Mais cette tendance au développement personnel est de plus en plus critiquée. On lui reproche d’être devenue un véritable dogme, qui place le « culte de soi » au centre. On a donc vu fleurir ces derniers temps des guides d'anti-développement qui incitent au lâcher-prise et à la déculpabilisation.

Est-ce qu’à force de courir après le bonheur, on ne finit pas par se rendre malheureux ? Existe-t-il des « recettes » du bien-être ?

Extraits de l'émission

"C'est beaucoup plus simple d'aller voir un coach qu'un psychiatre"- Julia de Funès

"Ça peut faire beaucoup de mal, j'ai vu beaucoup d'exemples. Il y a des coachs qui déboussolent complètement les individus" - Julia de Funès

" « Le sens de la vie en trois mois », c'est, pour moi, d'un simplisme inouï ! Les recettes et l'efficacité à tout va, la rapidité, les "cinq séances pour être heureux", ça montre tout le simplisme de ces recettes-là. C'est en plus très contradictoire : le "développement personnel"... se développer ça prend du temps ! La rapidité à tout va, c'est sûr que c'est du superficiel"

"Obéir longuement et dans la même direction à un but qu'on s'est fixé produit un peu plus de consistance et de sève à notre être que n'importe quelle recette comportementale" - Nietzsche (cité par Julia de Funès)

Profil-type du coach selon Julia de Funès : "Le coming-out des coach est assez tardif, puisqu'on ne peut pas coacher à 20 ans, évidemment, il faut une certaine expérience. Simplement, ce n'est pas le fruit d'une longue maturation, en général ce sont des gens qui ont travaillé et qui, soit par incompétence, soit par lassitude, ont quitté leur travail : le coaching est devenu un itinéraire bis pour des personnes qui ne se plaisaient plus dans leur travail. Elles ont connus des difficultés et vont venir conseiller les autres sur ces difficultés-là - Mais il ne suffit pas d'avoir connu une difficulté dans la vie pour conseiller et rentrer dans le psychisme des gens"

"C'est un métier aux contours flous, aux formations non reconnues, aux certifications douteuses : voilà pourquoi c'est problématique." - Julia de Funès

"C'est fou qu'on ne demande pas d'expertise ! Ça ne viendrait à l'idée à personne de se faire opérer du genou par un type qui a fait 18 mois d'études ; on préfère un chirurgien qui a fait 12 ans. Pour l'esprit, apparemment, on est plus laxiste. Pourquoi ?" - Julia de Funès

"Le coaching, c'est en quelque sorte le rituel des sociétés individualistes. Toute société a besoin de rituels pour aider les personnes à passer d'un statut à l'autre. On peut critiquer l'efficacité de la magie, la sorcellerie ou du développement personnel, mais ce qu'il faut voir, c'est que ça a une fonction. Et effectivement, dans une société où la dimension de "confiance en soi", d'estime de soi, prend une place sans doute jamais atteinte auparavant dans l'histoire" - Nicolas Marquis

"C'est une idée sociale : « Pour être un bon individu, c'est à travers la confiance en soi/l'estime de soi/le choix personnel que cela se réalise »" - Nicolas Marquis

Les invités
  • Julia de FunèsDocteure en philosophe et spécialiste en management et ressources humaines
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