L'affaire de la Dépakine révèle une nouvelle faille de l'industrie du médicament. Comment éviter ces scandales ?

Scandale de la Dépakine
Scandale de la Dépakine © Maxppp / PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN

Il y a eu le Médiator, ce médicament prescrit comme coupe-faim qui a causé la mort de centaines, voire de milliers de personnes. Il y a eu le vaccin H1N1 et sa soixantaine de jeunes vaccinés qui souffrent aujourd’hui de narcolepsie-cataplexie que l’Etat refuse d’indemniser. Il y a eu les essais cliniques de Rennes et le décès par AVC de Guillaume Molinet. Il faisait partie des « cobayes humains » qui ont accepté de tester cette molécule qui, en agissant sur le système nerveux, était censée lutter contre l’anxiété et contre les effets de la maladie de Parkinson.

On s’était dit « plus jamais ça ». Mais la prise de conscience collective n’a pas été celle escomptée. Aujourd’hui, le scandale de la Dépakine ébranle à nouveau l’industrie pharmaceutique. En cause, la molécule valproate de sodium, présente dans ce médicament prescrit aux épileptiques. Chez les femmes enceintes, elle a pour effet de provoquer des malformations du fœtus et des graves troubles du développement. L’alarme a retenti après un article d’Isabelle Barré paru le 10 août dans Le Canard enchaîné. La journaliste met en exergue le manque de réactivité des autorités sanitaires et de Sanofi, laboratoire responsable de la production du médicament, bien qu’ils aient eu connaissance des risques que faisait courir le médicament.

Les premières alertes concernant les dangers liés à la prise de cette molécule datent de 1968, selon un article paru aujourd’hui sur Breizh-info. D’abord passées en sourdine, les informations relatives aux effets secondaires du médicament ont été largement relayées au début des années 2000 dans la plupart des pays européens. Exception faite pour la France. « Pourquoi la réaction de défiance du monde médical, en France, a-t-elle été beaucoup plus lente ? » se questionne le journal.

Une des réponses peut être trouvée dans l’administration française, dont l’organisation, trop lourde, ne lui permet ni d’être rapide ni d’être efficace dans la diffusion des informations. Les rendez-vous avec des spécialistes du traitement de l’épilepsie sont difficiles à décrocher : à cause du manque de médecin, il faut parfois attendre neuf mois… Soit « le temps d’une grossesse aboutie » affirme J.F. Gautier.

Alors, comment prévenir ces scandales ? Comment améliorer la pharmacovigilance ? Faut-il des essais plus transparents, plus encadrés ? Comment vivifier le système de divulgation des informations de santé ? Faut-il rendre plus clairs les pictogrammes afin que les risques soient compréhensibles pour tous ? Faut-il remettre en cause l’indépendance des experts de l’AMM qui donnent aux médicaments leur autorisation de mise sur le marché ? Les industriels du médicament nous poussent-ils à la consommation ?

*Vos questions et réactions dès 18h au 01 45 24 70 00 et dès maintenant sur le site de l'émission et les réseaux sociaux, Facebook et Twitter, #telsonne *

Invités :

Dominique Martin - Directeur général de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament

Pr. Catherine Hill - Epidémiologiste. Catherine Hill participera à l'atelier INSERM: Défis méthodologiques pour la surveillance des médicaments qui aura lieu du 8 au 10 mars 2017 à Bordeaux. Cet atelier s'adresse à tout professionnel de santé ayant des notions de base en pharmacovigilance. Organisateurs : Anne Thiébaut, Jacques Bénichou, Bernard Bégaud, Catherine Hill.

Marine Martin - Présidente de l’association Apesac (Association d'aide aux parents souffrant du syndrome de l'anti-convulsivant) (par téléphone)

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