Anas, étudiant en sciences humaines à Lyon, s’est immolé le 9 novembre pour dénoncer les difficultés liées à la précarité étudiante. Depuis, le sujet fait à nouveau débat et mobilise dans les universités, aux cris de « la précarité tue ». A quoi ressemble le quotidien d'un étudiant ?

Vis ma vie d'étudiant pauvre
Vis ma vie d'étudiant pauvre © Getty / Image Source

La colère des étudiants monte et s’organise. Les élèves bloquent leurs universités à l’appel de leurs syndicats, comme à Bordeaux, ce matin. A Rennes, ils avaient bloqué les caisses du restaurant universitaire jeudi dernier, permettant à tous de prendre un repas gratuitement. 

« 450 euros, est-ce suffisant pour vivre ? » Les mots et le geste d’Anas ont remis la problématique de la pauvreté étudiante au centre du débat public.

Car le phénomène n’est pas nouveau. Une enquête de l’Insee, en 2016, indiquait déjà que plus de 20% des étudiants vivent sous le seuil de pauvreté. En moyenne, et même si le chiffre est difficile à interpréter tant les situations sont diverses, les ressources d’un étudiant seraient de 887 euros. Une somme qui doit souvent suffire à payer un loyer, les courses, le quotidien.

Car tous ne peuvent pas bénéficier du soutien financier de leurs parents. Seule solution pour certains étudiants : cumuler les petits boulots à côté des heures de cours, et parfois même abandonner leur cursus, faute de moyens suffisants. Une partie d’entre eux bénéficie de bourses d’Etat, mais celles-ci sont limitées à sept ans d’études et il faut répondre à une série de critères – dont le fait d’obtenir sa licence en cinq ans maximum.

Les revendications des syndicats étudiants, ce sont plus de logements Crous, plus de bourses, concédées avec des critères moins restrictifs... En résumé, ils plaident pour plus de moyens à travers d’« un plan d’urgence de refonte des aides sociales ». 

Le gouvernement assure qu’il cherche à améliorer leurs conditions de vie, promettant un futur revenu universel d’activité qui inclurait les étudiants. Des annonces devraient prochainement être faites par la ministre Frédérique Vidal, après que les syndicats aient rencontré la semaine passée Gabriel Attal, secrétaire d’Etat chargé de la Jeunesse.

Comment permettre aux étudiants moins favorisés de ne pas être désavantagés dans leur cursus ? Les moyens mis en œuvre jusqu’ici sont-ils suffisants ? 

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Les invités
  • Philippe VendrixPrésident de l’Université de Tours, président de la Commission de la vie de l’étudiant et de la vie de campus
  • Orlane FrançoisPrésidente de la Fédération des Associations Générales Etudiantes (FAGE)
L'équipe
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