A compter du 7 octobre, les militants du mouvement Extinction Rebellion ont occupé pendant cinq jours la place du Châtelet, à Paris, pour faire entendre la cause écologiste. L’occasion de s’intéresser aux nouvelles pratiques du militantisme - une façon de protester autrement, aux frontières de la légalité.

"Les nouvelles formes d'actions militantes". Manifestation de "Extinction Rebellion", Bruxelles, octobre 2019
"Les nouvelles formes d'actions militantes". Manifestation de "Extinction Rebellion", Bruxelles, octobre 2019 © Maxppp / Nicolas Landemard / Le Pictorium

Extinction Rebellion (XR) est un mouvement qui trouve ses origines au Royaume-Uni, où il a été fondé par trois militants aguerris à l’automne 2018. Son but est de faire entendre la gravité de l’urgence climatique en mobilisant 3,5% de la population de chaque pays. 

XR est maintenant présent dans cinquante-cinq Etats : en France, ce sont 10 000 membres revendiqués depuis la création de l’antenne nationale, en mars dernier. Les militants, principalement issus des classes moyennes et supérieures, sont formés aux actions au cours de stages spéciaux.

Si le mouvement fait particulièrement parler de lui, les pratiques relevant de la désobéissance civile ne sont pas nouvelles. Elles ont longtemps été utilisées comme dernier recours pour faire entendre diverses causes, de la grève de la faim de Gandhi au manifeste pro-IVG des « 343 ». 

Plus récemment, on a entendu parler de plusieurs décrocheurs de portraits du président Macron, relaxés par la justice lyonnaise au motif que leurs actions étaient justifiées par l’ « état de nécessité climatique ». Le parquet de Paris en a jugé autrement, condamnant d'autres décrocheurs pour vol en réunion. 

On s’intéresse à la genèse de ce mouvement, à son histoire. On va tenter de comprendre ses motivations, ses modes d’action et de décision. Pour cela, on ira au-delà des frontières d’XR, pour observer les autres formes prises par la désobéissance civile.

Ces actions ont-elles une chance de faire bouger les choses ? Qu’est-ce qui pousse ces militants à l’engagement ? Manifester, est-ce suffisant ? Peut-on vraiment parler de désobéissance civile ?    

Avec nous pour en parler : 

Manuel Cervera-Marzal, sociologue et professeur à l’université d’Aix-Marseille et autour d’un essai publié en 2016, intitulé Les nouveaux désobéissants, citoyens ou hors-la-loi ? 

Carole, militante d’Extinction-Rébellion 

José Bové, militant et homme politique, député européen Europe Ecologie- Les Verts de 2009 à 2019

Toutes vos questions et vos témoignages au standard de France Inter – 0145247000 – et par mail à l’adresse telsonne@radiofrance.com

Les invités
  • Manuel Cervera MarzalSociologue et chercheur à l’EHESS, auteur de « Les nouveaux désobéissants : citoyens ou hors-la-loi ? » (édition Bord de l’eau)
  • José BovéMilitant et activiste. Eurodéputé du groupe des Verts/Alliance libre européenne de 2009 à 2019
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