Cela va bientôt faire 50 ans que les événements de mai 68 ont bouleversé la société française. Vous, qui étiez jeunes étudiants ou pas, quels souvenirs gardez-vous de cette période ? Partagez avec nous votre mai 68 !

En 1968, moi je n'étais pas née. J'ai déjà eu l'occasion de le dire, ici même, pas de beaucoup mais pas encore tout à fait là encore. Mon frère oui. D'ailleurs ma mère raconte souvent que la marchande de légumes à l'angle de la rue Louis Blanc gardait des choses sous le comptoir pour elle, puisque l'approvisionnement devenait difficile. Elle avait un petit fils du même âge que mon grand frère.

Mon père travaillait à la gare de l'Est, à la comptabilité, au service de la voie. Il m'a encore raconté cet après-midi qu'il n'avait rien vu venir. Il n'était pas gréviste. J'ai pas trop besoin de demander pourquoi, c'est juste que c'était pas le genre de la maison. Il n'a jamais manifesté. Ni cette fois, ni après quand De Gaulle a voulu faire rentrer tout le monde dans le rang. Il m'a raconté aussi qu'à la SNCF, ils avaient décidé de donner une avance à tout le monde, un acompte sur la paye, celle de mai ou peut-être juin. Et c'est lui qui s'en était occupé, 300 francs pour tout le monde.

Il y était quand la Gare de l'Est a fini par fermer. Mais le buffet de la gare, lui, est resté ouvert tout le temps. Et nourrissait les grévistes gratuitement.

Ma mère, elle, était secrétaire à la banque de France. Elle non plus n'a pas défilé mais a surtout attendu que ça se finisse. Mais tous les deux, même spectateurs d'une révolution qui pour eux était celle d'une classe d'âge, se sont bien rendus compte de l'avant et de l'après. La révolution féministe, ça pour le coup ma mère l'a bien vue et bien comprise. Et c'est d'ailleurs comme ça qu'elle m'a élevée. 

Puisque tout le monde raconte son 68 ce soir, c'est le but du Téléphone sonne, il n'y avait pas de raison que j'y coupe. C'est à vous de jouer maintenant ! 

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