Une vague de nouveaux touristes décident, chaque année, de changer d'habitudes et tentent l’expérience d'un voyage responsable. Pour le meilleur, comme pour le pire.

Tourisme solidaire
Tourisme solidaire © Getty / Olivier Cirendini

Qui n'a jamais rêver , pris entre deux réflexions existentielles, de profiter de son repos estival pour partir vadrouiller à travers le monde ?

Imaginez : vous prenez l'avion un matin de juillet, en route vers une destination inconnue. Sur place et sous un soleil de plomb, un guide local vous conduit de site en site, à la rencontre de populations autochtones avec lesquelles vous échangez dans un profond respect mutuel. Mieux que ça: vos dépenses participent équitablement au bon développement du pays.

Les nouveaux explorateurs

Ce tableau idyllique correspond peu ou prou à la promesse d'une grande variété de tours-opérateurs qui proposent des formules de voyage dit "solidaire". Nouvelles marottes des globes-trotters en quête de sens, désireux de quitter l'espace d'un temps les carcans de la vie hexagonale, ces circuits attirent une nouvelle génération de voyageurs.

Le procédé (officiellement, du moins) doit profiter à tous les acteurs. Comme l'explique Gaëlle Rubeillon sur doublesens.fr :

Le voyageur solidaire participe au développement local de sa destination tout en étant en immersion totale dans un contexte social et culturel différent de celui qu'il a l'habitude de côtoyer.

Cette nouvelle génération a grandi en étant sur-sensibilisée aux problématiques écologiques, de surconsommation ou liés à la mauvaise redistribution des retombées économiques.

La transparence des tours-opérateurs dans le secteur est de mise : les fonds du voyage doivent être reversés directement dans l'économie locale ou servir à financer divers projets de développement. Les prix sont adaptés aux différentes bourses en fonction des destinations.

Dérives

Dans son article paru dans Libération le 15 août dernier, Noémie Rousseau reconnait une initiative "louable", malheureusement sclérosée par "l'amateurisme et le cynisme de ce secteur en vogue".

Certaines ONG ont même lancé des campagnes de dissuasion.

Car, s'il est pénible à formuler, le constat n'en demeure pas moins vrai : tout le monde ne peut pas aider, et la bonne volonté n'est pas, toujours, suffisante.

Certains parcours, notamment au Bénin, ont même fini par être retirés des catalogues ; des touristes prenant en prétexte les distributions d'eau et la visite auprès d'enfants démunis pour obtenir la photo souvenirs parfaite.

Plus grave, Sébastien Marot nous rappelle, toujours dans Libération, que l'enfer est bien souvent pavé de bonnes intentions:

Les volontaires étrangers veulent tous ouvrir des orphelinats. Seulement, il faut les remplir ! Alors, croyant bien faire, ils retirent les enfants aux familles cambodgiennes pauvres, expliquant que c'est mieux, qu'ils ne savent pas s'en occuper. C'est raciste, colonialiste. Et si on retirait aux Français leurs enfants au seul motif qu'ils sont trop pauvres?

D'autres choisissent de partir parce qu'ils traversent une mauvaise passe "Charge donc aux enfants étrangers de soigner les problèmes des Occidentaux".

Enfin, l'expérience peut parfois mal se terminer : soit lorsque la volonté d'aider est trop dilettante, soit lorsque la réalité du terrain, trop différente de celle que l'on imaginait à l'origine, produit peu ou pas de résultats. Le risque : perdre la confiance avec les habitants que des associations sérieuses ont parfois mis plusieurs années à construire

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