En six ans, la France a perdu 5000 distributeurs automatique de billets. Avec les cartes bancaires sans contact, les caisses automatiques, les applications smartphone, avoir des billets dans la poche n'est plus indispensable. Pourtant, 80 % des Français ne veulent pas voir l'argent liquide disparaître. Et vous ?

Les Français restent très attachés à l'argent liquide même si les paiements dématérialisés progressent
Les Français restent très attachés à l'argent liquide même si les paiements dématérialisés progressent © AFP / Jean-Luc Flémal / BELGA MAG / Belga

De quel bord êtes-vous ? Plutôt anti-carte bleue, dématérialisé, toujours à chercher votre monnaie pour le café, les péages, la baguette du soir ? Ou plutôt fauchés des centimes, accro à Paylib, le sans contact et les achats sur Internet ? 

Réponses au micro de Fabienne Sintes avec :

  • Christian Chavagneux, éditorialiste économique 
  • Pascale Hébel, économiste spécialiste de la consommation, directrice du pôle Consommation et entreprise au CREDOC (Centre de Recherche pour l'Étude et l'Observation des Conditions de Vie)

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Retrouvez ci-dessous quelques extraits de l'émission

Cash = liberté

Sylvain, auditeur, témoigne : 

J'ai 65 ans et je n'ai jamais eu de carte bleue. Je ne fonctionne qu'avec du cash, parce que je n'ai pas envie d'être pisté. La carte est facturée à l'utilisateur mais également au commerçant à chaque paiement par carte. 

Les Français oscillent entre les deux, mais il nous est tous arrivé un jour de ne plus avoir de monnaie, et juste notre carte bleue, ou l'inverse. 

Christian Chavagneux : "_Ne pas avoir de carte bleue, c'est un argument de liberté individuelle_. Lorsque l'on paye nos achats en cash, c'est l'une des rares fois où l'on n'est pas pisté par une entreprise privée qui va se servir de l'information qu'on lui a donné avec nos achats pour essayer de nous refourguer autre chose."

Pascale Hébel revient quand à elle sur la question de l'inquiétude de la dématérialisation. Payons-nous par carte avec la peur au ventre ?

"Les plus jeunes sont moins réticents aujourd'hui avec le numérique, que ce soit dans le secteur de l'argent ou dans d'autres secteurs."

Mais les Français vont être plus méfiants et plus inquiets que leurs voisins par rapport à la fraude. 

Merci la loi sur les RGPD

"La dématérialisation est arrivée très vite et on a gagné en praticité". Mais aujourd'hui, les RGPD existent et cette mesure vient de l'Europe : les GAFAM ne peuvent donc plus utiliser nos données comme ils le veulent. 

Et les fraudes ?

Le sans contact s'est répandu en France, mais reste assez marginal sur le nombre de transactions effectuées chaque jour. 

Nous utilisons peu de cash par rapport à nos voisins européens, c'est le résultat d'une note de la banque centrale européenne. Les Allemands sont par exemple, plus utilisateurs de cash que les Français. Doit-on s'interroger sur ce rapport à l'argent liquide qui diffère selon les pays ? Il existe aussi des risques à posséder du cash, liés aux pickpockets, à la perte ou à l'oubli... Et l'image de l'argent liquide dans tout ça ? 

"C'étaient les valises de billets à la Papa, dans les années 1960-1970. Aujourd'hui lorsqu'on fraude, on ne déplace pas physiquement l'argent, on le déplace juridiquement. C'est-à-dire que la propriété des comptes bancaires ne sera pas enregistré en France, mais en Suisse, aux Îles Caïmans"

Le liquide est également lié au travail au noir ou au marché ou aux circuits courts. A-t-on une vision différente de notre argent quand il est dématérialisé ou quand il est physique ? Et si on imaginait une révolte citoyenne face à la finance toute puissante ? 

Andrès, auditeur, raconte sa peur de voir disparaître le cash et il l'imagine en appelant le Téléphone Sonne

On est coincé par un système qui nous oblige à utiliser notre carte bleue. 

Mais Christian Chavagneux lui répond : "C'est pour les raisons qu'a dit Andrès, il y a du hors-système, parce qu'il y a des gens qui n'ont pas accès aux systèmes bancaires, je crois que le cash va continuer." Mais il est vrai que l'on ne peut plus payer certaines choses en liquide, comme les assurances, les forfaits téléphoniques. 

La suite à écouter...

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